mixité/non mixité

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mixité/non mixité

Message  Audre le Sam 2 Jan 2010 - 0:03

Le torchon est une orga qui ne s'est pas énoncée non mixte. En revanche, elle reconnaît la nécessité de la non mixité. De fait, lorsqu'une femme souhaite une réu non mixte cela est réalisée. La lutte mixte apparaît comme le recours à la structure sexiste car la logique sexiste est un outil de fonctionnement du système capitaliste. Ainsi, hommes et femmes de la classe dominée semblent avoir le même intérêt de classe dans la lutte antisexiste.

Cependant, la structure sexiste impose une division de sexe (homme/femme) et de pratiques sexuelles (hétérosexualité) qui divise la classe ouvrière dans des intérêts de sexes différents. Il est facile d'énoncer, même si cela est réel que homme et femme sont tous les deux victimes du sexisme. Néanmoins, cette structure sexiste réinstaure les rapports de domination entre les sexes. Ainsi, les femmes apparaissent comme les "victimes" de ce système.

Face à cette problématique transversale d'oppression de classe et d'oppression de sexes, quelles réponses politiques?

La non mixité des femmes a pour but de déjouer l'exclusion de ces dernières et de défier la logique de division d'un groupe de sexe. De fait, le travail en non mixité des féministes permet à ces dernières de se réapproprier, d'analyser, de décrypter leur identité de sexe pour pouvoir l'anéantir. Ce travail est d'autant plus complexe qu'elles sont elle-même actrices de ce rôle donc les plus à même dans parler mais aussi en proie à la difficulté de s'en détacher ( par exemple sur la question de l'encrage de l'hétéronormalité, la spécificité de l'oppression des lesbiennes est souvent invisibilisée par l'hétérocentrisme des féministes hétéras: le thème de la sexualité me semble être un des terrains les moins questionné et discuté).
Cependant, les mouvements féministes se sont portés vers la volonté de définir cette spécificité du féminin afin de délégitimer tous les soi disant "allant de soi" des comportements de sexe. La non mixité a aussi apporté une force collective des femmes avec de nouveaux réflexes de lutte: la solidarité :" une attaque contre une femme est une attaque contre toutes".

Qu'en est-il des hommes antisexistes?

Très curieusement, le torchon est mixte et ouvert à tous et toutes et on nous demande régulièrement: "est ce qu'on peut venir?" Est ce que cela signifie que le réflexe de l'orga féministe qui est une réponse à l'oppression et donc au rapport de force capitalo-phallocrate (vive les néologismes) fait peur?
Est ce l'espace où les hommes n'ont pas leur place, parce qu'il (cet espace) remet trop en question leur place?
Je pourrais me satisfaire de la dernière proposition et en même temps je me dis que notre but est une unité de classe, du coup, je m'interroge sur quelle forme de militantisme, nous devons entamer dans un cadre mixte?

Trop de militants antisexistes hommes sont dans l'attentisme, dans une lutte passive et donc une absence de lutte. La parole des féministes est entendue, approuvée jusqu'au moment où l'absence d'implications personnelles et collectives, d'introspections aboutit à une opposition aux idées féministes lorsqu'elles interpellent ou remettent en question le fonctionnement des individus.

Est ce que la lutte va avancer si lorsque les féministes énoncent une problématique les réponses des militants antisexisme transpire le réflexion de protection de leurs intérêts de sexes?
Peut être que l'explication peut paraître abstraite mais par exemple, interrogez-vous sur votre rapport à la sexualité, sur vos désirs. Par exemple sur votre rapport de protection vis à vis des femmes proches de vous et ne me ressortez pas les mêmes "on fait ça avec n'importe qui", interrogez-vous sur l'inquiétude lorsque votre copine rentre toute seule et du coup vous la raccompagnez, est ce que vous vous inquiétez de la même manière pour votre pote ou votre frère, est ce que vous vous inquiétez de la même manière, et concernant les mêmes risques. Ne venez pas me répondre "mais le risque est là, donc on s'inquiète, c'est normal", "c'est elle qui a peur donc elle veut que je la raccompagne...". Toutes ces justifications que j'ai entendu mille fois sont le témoignage d'un détachement du problème, même si vous ne souhaitez pas agir comme ça vous finissez par prendre la posture du mec protecteur... donc vous jouait un rôle et c'est justement ce rôle que vous devez définir.
Alors, assez de déni, acceptez le fait que vous êtes ce rôle, ce comportement de sexe. Et attention, la solution n'est surtout pas de se dire je suis une merde de sexiste, blablabla, ça sert absolument à rien.

Donc, à quand des réunions non mixtes de mecs????

C'est facile à dire et je me doute que ce pose différents soucis comme: quelles questions se poser? De quoi on pourrait parler? (c'est assez drôle mais je pense que je suis pas totalement à côté de la plaque).
Comment arriver à spécifier le comportement masculin alors qu'il apparaît comme le comportement allant de soi, normal à l'inverse du comportement féminin qui lui est spécifié (les femmes doivent faire gaffe quand elles sortent, est ce que les hommes se posent la question? Les femmes ont un comportement en tant que femme, les hommes ont leur comportement...)? Je pense que c'est le plus compliqué d'autant plus pour moi, du fait que je suis une femme. D'où la nécessité, je pense, d'une organisation, d'un travail non mixte d'hommes.

Evidemment, je pense qu'il est indispensable que le travail s'inscrivent dans la même logique que celle évoquée plus haut c'est à dire une logique de démantèlement de la structure sexiste dans le but de construire une unité de classe. il ne s'agit pas comme les masculinistes de revendiquer une non mixité dans le but de définir une identité de sexe pour pouvoir mieux la réaffirmer, vous vous en doutiez je suppose.

Alors, quelles questions se poser, sous quelle forme... C'est biensûr pas à moi de le dire mais aux militants antisexistes de le construire. En revanche, je pense pas trop m'avancer si je propose des thèmes abordés par les féministes mais du point de vue de votre fonctionnement de sexe. ca implique:

-une réflexion sur le genre, la division masculin/féminin, les conséquences en terme de pratique sexuées...

- le rapport des hommes aux hommes, la performance masculine, qu'est ce qui est valorisé dans l'identité de genre masculin, la question de la représentation masculine dans la pratique hétérosexuelles et homo...

- le rapport avec les féministes, le féminisme, la place dans la lutte anti sexiste, les rapports de force, de défense, de mépris, de déni, d'absence d'intérêts...

- surtout et je pense que c'est le plus important et la base de la base, gardez en tête que tout est politique et la grande devise "le privé est politique". Du coup, arrivez à partir des questionnements sur les pratiques individuelles qui rapidement vont se révéler communes à beaucoup de gens. Par exemple, le rapport à la performance sexuelle, à l'impuissance... L'investissement dans des taches dites féminines, son acceptation , son refus, son absence de ressenti...

Pour finir, posez vous les vrais questions sur pourquoi ce travail n'est pas fait et pourquoi se cacher derrière la réduction du problème à: le sexisme c'est l'oppression des femmes???

Bon j'ai essayé de poser des propositions concrètes de pratiques militantes autant pour les hommes que pour les femmes, c'est important de préciser, parce qu'à mon avis ce travail sera efficace si les fonctionnements en non mixité sont mis en commun dans un cadre mixte.
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Re: mixité/non mixité

Message  Gran'Mat le Sam 2 Jan 2010 - 0:22

Je vais expliquer mon positionnement en tant que homme... (tout façon en tant que femme j'aurais du mal...).

Je ressent pas la nécessité de se réunir uniquement entre hommes car justement ce qu'on veut détruire c'est quelque part nos positions naturelles sexistes en tant que hommes, mais qui d'autres que la femme peut aussi nous expliquer l'oppression qu'elle subit.

Les questions que tu mentionnes vers le bas, et que j'ai mentionnées dans un autre post, sont utiles, mais je ne vois pas l'utilité de la non-mixité dans ces questions, et je pense même qu'il serait préférable qu'il y est femmes et hommes dans ce genre de questionnement.

Autres amorces possibles de ce débat.

Les Mâles Barrés (brochure)
Des hommes et des questions Lausanne, mars 1999


Origine et motivations

Nous ne voulons pas céder aux demandes de l'émancipation... mais en faire partie. Nous ne voulons pas traiter la question de genre à côté de notre vie, comme une annexe... mais l'intégrer à notre quotidien.
Nous avons envie d'agir sur les rapports de genre en nous donnant un moyen collectif plus opérationnel que nos seules démarches individuelles. Prendre conscience ne nous suffit plus.
Nous connaissons tous l'un ou l'autre texte féministe, nous avons participé à des débats, ou à des discussions; nous avons vécu des situations de confrontations de genres (avec l'autre comme d'ailleurs avec le notre). Par contre, lorsqu’il s'agit de vivre les idées de l'émancipation dans la pratique, nous avons encore beaucoup de choses à déconstruire - et à construire.

Plusieurs motivations nous ont amené à créer ce groupe:
• perception des inégalités entre hommes et femmes et sentiment de malaise vis-à-vis de la domination masculine;
• sentiment d'être en décalage avec un certain nombre de valeurs et de comportements masculins ou considérés comme tels;
• confrontation à des revendications féministes dans des situations de vie commune, sans pouvoir - ou savoir - y répondre de manière adéquate;
• confrontation aussi à des demandes de jouer le rôle-type de "l'homme", sans toujours pouvoir - ou vouloir - s'y soustraire;
• prise de conscience à travers des relations amicales ou de couple avec des féministes;
• prise de conscience de l'incapacité de pouvoir parler librement avec d'autres hommes de soi-même: de ses sentiments affectifs, de son intimité, de son rapport à sa sexualité;
volonté de combler le fossé entre les principes que nous revendiquons et nos pratiques quotidiennes;
projet de se libérer d'une identité masculine imposée et, en fin de compte, de l'aliénation provoquée par la domination masculine elle-même;
espoir de trouver de nouvelles libertés.


Passage à l'acte

L'idée de participer ou de créer un groupe d'hommes qui ait comme but de déconstruire la domination masculine était pour certains déjà plus ancienne. La stagnation des débats sur cette question dans les groupes de militant-e-s mixtes a été un élément déclencheur pour sa création. Un autre a été la conférence de Daniel Weltzer-Lang* à l'Université de Lausanne, donnée suite à une invitation par les Bad Girls (groupe féministe universitaire). Le dernier élément a été sans doute l'effet d'entraînement, l'un lançant l'idée qui sert d'amorce à un projet commun.


Composition du groupe

Nos parcours de vies sont divers mais se sont entrecroisés dans des groupes et des espaces politisés de la gauche lausannoise, que ce soit en tant que militants, sympathisants ou simplement en étant sensibilisés aux questions de l'oppression.
Comme le suggère le nom du groupe "Les Mâles Barrés", celui-ci est composé exclusivement d’hommes. Le principe de la non mixité a été décidé à l’unanimité lors de la première réunion. Nous voulons créer un espace nous permettant de parler autrement entre hommes, de nous approprier la réflexion sur notre propre condition et de prendre la mesure de notre engagement. Nous voulons aussi éviter dans un premier temps certains malentendus, certaines attitudes de rectitude politique ou de séduction. Nous tenons à ce que la structure reste non-hiérarchique : ainsi, le groupe n'a pas de président, de secrétaire ou de caissier.


Les réunions

Nous nous réunissons toutes les deux semaines. Les réunions ont lieu à tour de rôle chez un des membres du groupe et sont précédées d'un souper; la convivialité a ainsi droit de cité.
Lors de nos réunions, nous partons souvent d'un sujet choisi (cf. liste des thèmes) servant de fil rouge, parfois introduit par un membre du groupe. Le thème n'est qu'un prétexte, car il nous arrive de le perdre au profit de dévoilements imprévus. Des tours de table que chaque membre peut demander quand bon lui semble, nous font dé-couvrir des expériences personnelles - parfois intimes - des participants. Cet exercice nous oblige à nous écouter, qualité qui n'est pas donnée d'avance aux hommes.
Au début, nous éprouvions un malaise à nous exprimer sur ce que nous sommes, sur ce que nous vivons et sur nos côtés sombres et refoulés, ce qui nous a amené à opter pour le principe de la confidentialité. La confiance construite au fil des réunions nous facilite aujourd'hui le dépassement de nos inhibitions. Nous restons toutefois confrontés à la difficulté de savoir comment nous fonctionnons en tant qu'hommes et comment nous pouvons déconstruire nos pratiques. L'amitié qui naît de nos discussions est un résultat non escompté de ce type d'échange - on est loin du superficiel et de l'impersonnel, voire de la concurrence qui caractérisent d'habitude les rapports entre hommes. L'honnêteté et le respect de l'intimité de chacun sont des éléments clés pour réussir ce type d'échange.
Dans nos séances, nous tentons d’analyser et de modifier le fonctionnement du groupe. Cet aspect formel nous permet pourtant de nous rendre compte de notre fonctionnement entre hommes. Cette analyse devient donc un outil central dans notre déconstruction de la - de notre - domination masculine.


Thèmes abordés lors de nos réunions

Voici une liste non-exhaustive et dans le désordre des thèmes choisis lors d’une de nos premières séances:
• Les espaces sociaux masculins ("espace et genre"): quel partage des activités sociales? Qu'est-ce qui est masculin et qu'est-ce qui est féminin?
• Regards et pratiques de séduction dans les espaces sociaux
• Rapport aux féminismes et aux féministes
• Production et reproduction du désir masculin: d'où vient-il et qu'en faisons-nous?
• Gestuelles et apparences masculines
• Compétition et rivalités chez les hommes
Sous-thème: pourquoi les hommes ont-ils toujours raison?
• Représentations masculines du couple: partage des rôles, partage des émotions
• Vécus de la sexualité masculine: puissance, impuissance, plaisir, Viagra
• Hétérosexualité/homosexualité/homophobie
• Contraception
• Paternité et projet de vie
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Re: mixité/non mixité

Message  Pti'Mat le Sam 2 Jan 2010 - 11:43

"Est ce que la lutte va avancer si lorsque les féministes énoncent une problématique les réponses des militants antisexisme transpire le réflexion de protection de leurs intérêts de sexes?
Peut être que l'explication peut paraître abstraite mais par exemple, interrogez-vous sur votre rapport à la sexualité, sur vos désirs. Par exemple sur votre rapport de protection vis à vis des femmes proches de vous et ne me ressortez pas les mêmes "on fait ça avec n'importe qui", interrogez-vous sur l'inquiétude lorsque votre copine rentre toute seule et du coup vous la raccompagnez, est ce que vous vous inquiétez de la même manière pour votre pote ou votre frère, est ce que vous vous inquiétez de la même manière, et concernant les mêmes risques. Ne venez pas me répondre "mais le risque est là, donc on s'inquiète, c'est normal", "c'est elle qui a peur donc elle veut que je la raccompagne...". Toutes ces justifications que j'ai entendu mille fois sont le témoignage d'un détachement du problème, même si vous ne souhaitez pas agir comme ça vous finissez par prendre la posture du mec protecteur... donc vous jouait un rôle et c'est justement ce rôle que vous devez définir.
Alors, assez de déni, acceptez le fait que vous êtes ce rôle, ce comportement de sexe. Et attention, la solution n'est surtout pas de se dire je suis une merde de sexiste, blablabla, ça sert absolument à rien."

Si l'on se place justement en tant que solidarité de classe, la protection de camarade à camarade dans ce système ennemi ? Tu en arrives à la même conclusion ?

Il y a multiples raisons de "raccompagner" et toutes ne cachent pas le côté perfide de l'homme machiste qui se réveille même s'il est militant.
On peut raccompagner la personne que l'on aime tout simplement parce qu'on aime passer du temps avec elle.
On peut raccompagner la personne que l'on aime parce qu'on veut être un peu seul avec elle suite à une soirée où il y avait du monde. Je ne pense pas que ces raisons fassent d'un homme militant un gros macho, remarque si tu le ressens comme ça Titi dis le moi Very Happy mais remarque si comme moi tu dis que tu ne le vois pas ainsi on va te dire que le conditionnement est tellement fort que toi-même tu ne sais plus ce que tu dis tellement tu subis ma domination d'homme. (et je ne caricature pas, on a déjà dit ça...)
On peut aussi raccompagner la personne parce que tu n'as pas encore le permis et qu'elle a une voiture pour te ramener Laughing
Perso je m'inquiète pour tout le monde, (autant pour ceux de ma famille qui rentrent seuls la nuit, que les camarades), et pas que les femmes parce qu'avec ce genre d'inquiètude je me place surtout dans une dimension de classe, la peur de classe et la protection de classe que ce soi homme ou femme.
Chez nous, combien de fois les hommes et parfois des femmes ont raccompagné d'autres hommes rentrant seuls sous une dimension antifasciste ou d'inquiètude par rapport aux flics ? Beaucoup plus que de raccompagner des femmes.
Cet exemple n'est donc pas valable, pas avec nous à Limoges et tout le monde le sait, encore une fois on dirait qu'on veut absoluement classer les choses dans le carcan "sexiste" "antisexiste" sous couvert de pureté et de théorie dérrière, on veut impérativement croire que l'on connait les choses dans ce sens, ce que pensent les gens alors que ça nous dépasse et que c'est autrement plus complexe que le schéma du comportement "bien, pas bien", tout est bon pour nous coller cette étiquette que en gros quoi qu'on fasse, le côté machiste revient à grand pas comme une maladie incurable (théorie que j'accepte également), mais il y a peut-être des moments, des choses qui ne peuvent être inscritent dans "sexiste" "antisexiste" non ?
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Re: mixité/non mixité

Message  scumgrrrl le Sam 2 Jan 2010 - 13:26

je trouve ça dommage que certaines se donnent la peine d'élaborer une pensée propre, et que d'autres se contentent de copier-coller de sites ou d'autres forum.
Il me semble que c'est pas très difficile pour les gars qui habitent dans la même ville de se poser une date de réu, de choisir un thème, de trouver des textes sur ce thème, les lire et amorcer une discussion au "je" à partir des textes lus et de leur propre expérience.
On en parle, on en parle, mais au final, ça fait quoi d'essayer, juste une fois au moins? Pourquoi vous ne vous faites pas une bonne fois pour toute une réu non mixte mecs antisexistes. Je sais pas moi, pour parler du conditionnement à l'hétérosexualité par exemple.

Pourquoi ne proposez vous pas des ateliers non mixtes mecs pour le fallope fest? Parce que imanquablement il va y avoir des relous pour dire "eh mais pourquoi on peut pas venir à vos ateliers non mixtes meufs, nous aussi on est féministes; et vous de répondre (parce que vous soutenez vos camarades, et vous savez que leur précieuse énergie militante ne doit pas être gâchée par des justification stériles) : "mais viens, on propose un atelier discussion en non mixité mecs!
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Re: mixité/non mixité

Message  Angmar le Sam 2 Jan 2010 - 13:46

Si justement c'est pas si simple que ça.
Je vais pas étaler toute la vie militante de Limoges mais perso j'ai pas envie de poser une date de réu non-mixte mecs à l'arrache pour qu'au final ca donne pas grand chose. Selon moi faut régler certains problèmes avant, au risque d'avoir une réu non constructive.
Enfin bref j'ai du mal à expliquer le pourquoi du "c'est pas si simple que ça" j'espère que le peu que j'ai mis est pas trop bordélique...

je répondrais plus tard sur le sujet principal du topic.

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Re: mixité/non mixité

Message  Gran'Mat le Sam 2 Jan 2010 - 13:57

J'en ai vraiment marre de prendre des reproches dans la gueule sérieux, et ça commence à me gonfler. Comment commencer à dégouter quelqu'un... Heureusement il en faudrait plus.

On a une réel démarche antisexiste à Limoges. On se pose perpétuellement des questions, et on rame beaucoup ça je ne dis pas le contraire et il y a encore énormément de boulot, mais de là à nous balancer le moindre truc sous forme de reproche ne fait pas avancer le problème. Donc oui effectivement une réu non-mixte why not, même si personnellement je n'en vois pas l'utilité. Après c'est à débattre.

+1 pour angmar par rapport à la situation locale...
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Re: mixité/non mixité

Message  Mimi Cra-Cra le Sam 2 Jan 2010 - 13:59

Je vais diviser ma contribution à ce débat en deux. Une partie sera destinée aux féministes et l’autre aux hommes qui se reconnaissent dans les revendications féministes.

Pour les féministes :
Le cadre de non-mixité permet à ce que nous soulignons et mettons en avant collectivement ce qui nous apparaît que subtilement de manière individuelle. Il s’agit donc d’un appuis indéniable pour nos luttes. Mais à la condition qu’on saisisse bien que ce groupement n’est que le prémisse indispensable de la lutte d’ensemble.

Je ne catégorise pas les luttes, je ne dis pas qu’il y a des luttes primordiales et des luttes secondaires.

Mais le fait est que pour en finir avec le sexisme il faut en finir avec la société de classe. Pour en finir avec la société de classe et avec le capitalisme il faut le que le mouvement ouvrier soit le moteur de cette transformation. Pour que le mouvement ouvrier soit moteur de cette transformation, il faut que les femmes puissent tenir leurs rôles de pleins droits au sein de ce mouvement.

L’idéal serait que de pleins droits et parce que nous sommes communistes et révolutionnaires nous puissions avoir cette position mais de fait au sein du milieu militant il est de notre devoir de nous imposer. Parce que de manière malheureusement naturelle, on vit dans une société qui est sexiste et le milieu militant a des relents sexistes. Autant je pense qu’on peut heureusement dans certains partis et autres groupes prendre la place que nous souhaitons et qu’on peut se permettre de remettre à leurs places les hommes. Autant dans d’autres c’est particulièrement difficile et cela impose de devoir la conquérir.

Je pense qu’une association féministe, d’autant plus si elle s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le capitalisme, a le devoir non pas de prétendre pouvoir aménager un capitalisme « soft » sans sexisme, mais bien celui d’armer les femmes militantes pour qu’elles prennent même isolées dans un milieu militant sexiste, la place qui leur revient de plein droit.

Bien sûr que c’est ce type d’association qui par ses revendications propres va pouvoir mettre en avant des positions qui sont invisibles s’il n’y a pas d’organisation collective. Mais à qu’elle niveau ses revendications seront satisfaites, si elles ne prennent pas radicalement (au sens de prendre le problème à la racine) position dans le cadre d’une société divisée en classes sociales ?
Je pense que je parle à des femmes qui en ont conscience vu le tract de présentation du « Torchon Brûle. »

Scumgrrrl : dans le débat plus haut, tu disais plus ou moins, à un moment «le seul endroit où je me sent bien pour aborder la question place de la femme dans la lutte c’est la non-mixité ». Je peux comprendre les raisons, mais je trouve ça dommage. Pas dans le sens où « C’est vraiment dommage qu’il y ait du sexisme dans le milieu militant », dans le sens où « Si notre non-mixité ne permet pas à donner suffisamment confiance en elle à une femme isolée d’aller se frotter aux sexistes alors notre non-mixité n’aura pas été utile à la lutte du prolétariat. »
Et c’est bien là où à mon sens on se retrouve à être cantonnées à un rôle de « femme ».

Ne serions-nous bonnes qu’à nous occuper des problèmes de sexisme ? Non, nous sommes des femmes et oui nous participons à la lutte d’émancipation de tout le prolétariat. Et c’est en tant que femmes que nous pouvons dire qu’une organisation ouvrière mais sexiste ne sera pas capable d’émanciper le prolétariat. C’est en tant que femme même isolée que j’ai le devoir de dénoncer le sexisme et les sexistes de mon organisation parce que je veux faire la révolution et en finir avec toutes les oppressions.

Voilà pourquoi à mon sens la non-mixité ne me pause pas de soucis, mais que le cadre non-mixte n’est pas suffisant pour en finir réellement avec cette société.

Pour les hommes qui se reconnaissent dans les revendications des féministes :
Dans le message de Joane, elle dit « Alors, assez de déni, acceptez le fait que vous êtes ce rôle, ce comportement de sexe. » à propos du rôle du mec protecteur de la femme.

A mon avis vous allez trop vite.

Dans le sens où : au vu des messages (et j’espère que personne ne sera vexé) vous semblez vous adressez à des gens qui dénoncent la société et son fonctionnement mais qui ont encore quelques questions ou doutes sur qu’est-ce qui peut la changer, de qu’elle manière, qui, et organisé comment. Des gens qui ont encore une vision assez vague de ce qu’ils appellent « révolution. » Et qui se réclament du marxisme, mais qui mis de côté la société divisés en classes sociales antagonistes ont une approche assez limité de ce qu’est le marxisme.

Il faut d’abord avoir une vision claire de la société pour en démonter les rouages. Si un groupe de femmes ou d’hommes se réunissent pour dire le monde n’est pas beau, c’est très bien mais ça ne change pas le monde.

Ce n’est pas parce qu’il est sexiste qu’un camarade raccompagne une féministe seule chez elle la nuit, mais bien parce que la société est sexiste. Son frère risque moins d’ennuis que la femme seule à rentrer chez elle dans la société actuelle. Je suis d’accord que ce n’est pas normal, mais c’est bien pour cette raison que je veux changer la société.

Et je ne me fais pas d’illusions. Tant que cette société reste ce qu’elle est, il n’y a pas de possibilités pour qu’il en soit autrement.

C’est pour cette raison que je ne pousserai pas les hommes à s’organiser entre eux pour aborder les questions de sexisme, mais que je vais d’abord les pousser à s’organiser avec les féministes pour détruire cette société.

Si une fois qu’ils ont pris conscience de ce qu’est la société et des moyens pour la détruire cela provoque chez eux des questionnement individuels : très bien, ils en vivront mieux individuellement. Mais je veux changer la vie de l’humanité toute entière, pas uniquement la vie de ceux qui se posent des questions.

Pour conclure :
Si je me retrouve dans un cadre formel de réunion c’est pour avoir une action concrète et parce que j’ai un but.
Si c’est juste pour se retrouver entre copines et se poser des questions sur la société c’est ce que je fais avec les collègues ou les copines en allant boire un verre ou voir un film, où en tant que militante je n’hésite pas à aborder les questions politiques.
Je suppose que les hommes font de même.
Si c’est sur une question qui concerne mon travail ou une question de changer la vie quotidienne, je fais ça avec le syndicat, si je fais ça sur une question de société ou une question idéologique je fais ça dans mon organisation politique. Je fais le choix de l’organisation en fonction de celle qui aura le plus d’efficacité pour le but recherché pas en fonction des gens qui s’y trouvent.

Si vous vous retrouvez avec ce genre de problèmes n’est-ce pas parce que le recul de la conscience de classe fait que vous vous retrouvez aujourd’hui sans organisations politiques ou syndicales ?
Sans prétendre qu’une vision politique claire permet de régler tous les problèmes individuels, disons qu’individuellement cela permet de résoudre pas mal de soucis personnels.

Pour vulgariser : quand un militant anti-capitaliste part vivre avec ses moutons dans le Larzac pour arrêter d’être soumis au dictat commercial, s’est gentil mais ça fait pas avancer la révolution, de même s’il boycott Mc Donald. Il ferait mieux de conscientiser la classe ouvrière en allant militer. Si un militant anti-sexiste fait des réunions pour améliorer sa vie personnelle je suis heureuse pour lui, mais la révolution n’avance pas beaucoup pour autant.
Par contre un militant qui se prétend révolutionnaire et qui se révèle sexiste et petit-bourgeois, lui il faut le balayer des organisations ouvrières et le laisser revenir uniquement quand il aura pris conscience de ce qu’il est.

J’espère que personne ne va prendre mon message de manière personnelle, que tout le monde à bien compris que je ne vise personne mais que je parle en général.
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Re: mixité/non mixité

Message  Titi le Sam 2 Jan 2010 - 14:22

Réponse bordélique sous le coup de l'agacement, car il me parait nécessaire de cesser certains comportemens méprisants ! (Attention, gros pavé en vue)

A scumgrrrl :
"je trouve ça dommage que certaines se donnent la peine d'élaborer une pensée propre, et que d'autres se contentent de copier-coller de sites ou d'autres forum."
Stop! Tu es capable de rédiger un texte expliquant clairement et simplement ta pensée de manière à ce qu'elle soit compréhensible de tous ? Bravo, félicitations, tes études et ton cheminement militant t'ont permis d'arriver là. Mais tu n'as pas gagné le droit de mépriser les autres s'ils n'y arrivent pas. Déja ta phrase est déplacée, car d'office pour toi ce sont les femmes qui élaborent leurs pensées propres "certaines" tandis que les hommes se "contentent" comme tu dis. Vive l'antisexisme. Ensuite, il ne cache pas qu'il copie d'ailleurs, il l'introduit, il l'explique. Qui es tu pour juger ça ? Qui es tu pour considérer que tu lui es supérieur car capable d'énoncer clairement ta pensée ? Sérieusement, y'a un moment où la remise en question faudra pas qu'elle vienne que de nous. Cela me gêne vraiment que tu t'en prennes aux gens du forum comme ça, que tu leur reproches des défauts qui sont juste humains (et encore, je ne considère pas ça comme un défaut de ne pas forcément réussir à s'exprimer très clairement!). Sérieux, ça me fait juste chier ce comportement, après comment reprocher à d'autre de prendre des airs supérieurs...

A PtitMath
Je ne te contredirais pas, et oui on dira que je suis très très conditionnée, mais peu d'importance, j'ai toutes les raisons du monde de t'obliger à me raccompagner le soir, et ça sera pas la première fois qu'on dira que tu es machiste envers moi Smile. Pour parler de situation personnelle, tu pourras aussi rappeler qui subis la situation dominée dans ton couple Wink.

A Angmar et GrandMath
La justification sur la situation limougeaude n'était peut être pas nécessaire. A t on toujours besoin de se justifier ? Que se passe t il dans la ville de Scrrmmgirl ? Les hommes font ils des réunions non mixtes de réflexions anti sexistes ?

A tou-te-s :
Pourquoi l'homme ne peut il être qu'anti sexiste ou partager les positions des féministes ? De même pourquoi la femme ne peut elle être que féministe ? Depuis l'ouverture du forum j'ai un problème avec le bandeau du haut à ce sujet. Et cela retransparait à nouveau dans le message de Joane ou de Mimicracra. Une femme ne peut elle pas être antisexiste à la fin ? Pourquoi encore rajouter des étiquettes, remettre les gens dans d'autres petites boites ? Le non mixte ne peut pas être une fin en soi, respecter les petites cases dans lesquelles on nous a mis-e-s et les reproduire ça me dérange vraiment (j'allais écrire, ça me dégoute). Une réunion non mixte, qu'elle soit entre femmes ou entre hommes, ne peut avoir d'impact que si elle est suivie immédiatement d'un partage mixte des réflexions menées. De plus si on suit votre raisonnement, les femmes qui, comme moi, se sentent antisexistes, n'ont place dans aucun des schéma de réunions (l'une est pour les hommes donc je suis exclue, l'autre pour les femmes féministes, donc je le suis aussi). Enfin, j'aimerais ajouter que personne ne peut et ne doit se permettre de donner des leçons de militantisme ou de politique comme je viens de le percevoir. Alors j'extrapole peut être. Notre situation à Limoges, on la connait, figurez vous qu'on y vit tous les jours, et on fait autant qu'on peut à notre échelle, chaque jour, en essayant de faire chaque fois mieux, chaque fois plus. La preuve en est, ce forum qui n'existait pas il y a deux mois, le festival en préparation, la multiplication des commissions anti sexistes dans les orga locales, des remises en question... Faudra t il encore se justifier longtemps auprès de gens qui se présentent comme des donneurs de leçons ? Parce que dans ce cas, on peut vous retourner la questions. Qu'est ce qui est fait dans vos villes? Les mecs se réunissent entre eux et mènent des luttes anti sexistes ? Si la réponse est oui, j'en suis fort aise, je vous en félicite, mais encore une fois, cela ne donne en rien le droit de juger d'autres gens/d'autres villes.

Alors oui ce post n'est pas du tout agréable, il ne veut pas l'être. Et non il n'attaque personnellement et individuellement personne.

Ah, au fait, quand je raccompagne un de mes potes militants chez lui, c'est sexiste aussi non ? Parce que du coup je considère qu'il est trop faible en tant que pauvre petit homme pour rentrer tout seul chez lui!

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Re: mixité/non mixité

Message  scumgrrrl le Sam 2 Jan 2010 - 15:01

A Angmar : j'habite pas à limoges, mais je constate à quel point vous freinez tous des 4 fers pour faire une réu entre vous.
Juste pour info, il m'est arrivé de militer en non mixité avec des nanas avec qui j'étais embrouillée pour des raisons personnelles. L'effort du groupe, notre volonté de mettre certaines choses de côté pour avancer a fait qu'on a pu militer ensemble. Quels efforts êtes vous prêts à faire pour avancer ensemble contre la société patriarcale?

A Mimi Cracra : je suis pas communiste, mais bon, ça ne m'empêche pas d'être révolutionnaire Wink
Sinon, quand je dis que je ne veux pas militer en mixité sur les questions féministes, c'est tout simplement que pour moi ça n'a aucun sens, c'est juste que je souhaite élaborer et lutte avec les personnes qui partagent la même oppression, et les gars, ben franchement, comme tu le disais, ou ils font partie de la solution, ou du problème, et je vais pas faire des efforts pour qu'ils comprennent où est leur intérêt. Je ne suis pas isolée, je veux juste conserver mes forces.

Après, je pense qu'on pourrait débattre sur ce que tu appelle "les ouvriers" ou "le prolétariat", parce que la définition qu'en ont certain-e-s je la trouve un peu dépassée, idéalisée, très "années 70".
Par ailleurs, je trouve pas qu'à l'heure actuelle la question de classe soit réellement et honnêtement abordée dans les groupes/orgas/partis de gauche et d'extrême gauche.

Enfin, comme je disais dans un autre sujet, on pourra en parler de vive voix à la fallope fest.

Titi, pêle mêle : tes potes sont pas en sucre. Dis toi que comme on est sur le net je modère pas mal mes propos. Ils en prennent plein la gueule? Comme dirait l'autre, la révolution n'est pas un dîner de gala...
Mes potes mecs, je les traite pareil, je crois pas qu'ils restent mes potes juste par masochisme.
Je critique le fait de faire des copier-coller, et c'est quelque chose que je critique dans TOUS les espaces militants : c'est facile de reproduire des grandes théories, mais plus difficile de parler de soi, j'entends là, pas de parler de son intimité, mais d'élaborer un discours politique à partir de soi, de son propre vécu. C'est justement le contraire de l'elitisme. Pas besoin d'avoir lu des tartines et des tartines, d'avoir compris des textes hyperthéoriques pour pouvoir dire des choses politiques.
Je n'ai pas fait des études de socio, ni de sciences politiques, et ma pensée militante, je l'ai faite surtout en échangeant sur des luttes et des récits à la première personne. Franchement, les discours tout faits sur par exemple "la classe ouvrière" faite par des fil-le-s de profs, merci bien, ça ne m'intéresse pas!
Qu'on soit bien d'accord, je ne vise personne. Mais pour donner un exemple concret : l'an dernier, pendant la mob' contre la masterisation, la réforme du statut d'enseignant chercheur, j'ai vu des profs de socio, de gauche et tout, qui bossent sur la précarité, qui te font des grand discours sur les classes sociales, mais qui sont incapables, pendant une lutte, de voir ce qui se passe réellement et subjectivement autour d'eux. Ils sont capables d'analyser ce qui se passe avec de la distance, mais ne se mouillent pas pour réflechir à leur propre place à l'université au moment T d'une lutte. Ils ne réflechissent pas à leurs privilèges, aux inégalité qui se reproduisent sous leur yeux, à la question de la précarité étudiante dans le quotidien, et dans le quotidien d'une lutte.
Je m'éloigne peut être un peu du sujet... Ce que je veux dire, c'est que la politique ça ne se "théorise" pas à partir du vécu, des écrits et des expériences des autres, ça se pratique surtout, à partir de son propre vécu. Le personnel est politique non?
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Re: mixité/non mixité

Message  Angmar le Sam 2 Jan 2010 - 15:20

A Angmar : j'habite pas à limoges, mais je constate à quel point vous freinez tous des 4 fers pour faire une réu entre vous.
Juste pour info, il m'est arrivé de militer en non mixité avec des nanas avec qui j'étais embrouillée pour des raisons personnelles. L'effort du groupe, notre volonté de mettre certaines choses de côté pour avancer a fait qu'on a pu militer ensemble. Quels efforts êtes vous prêts à faire pour avancer ensemble contre la société patriarcale?

Si ca s'est toujours pas fait y'a des raisons mais c'est pas l'endroit pour que je les explique.
J'ai pas envie de faire une réu non-mixte mecs si des problèmes internes (à différentes échelles d'orgas) sont pas résolus avant (et cette notion d'antisexisme qui est pas encore cernée par tout le monde est également un problème mais avant d'arriver à débattre de ça je trouve - et après c'est que mon avis et c'est que par rapport à Limoges donc la situation que je connais - que y'a des problèmes purement pratiques (je trouve pas le mot mais bref) à résoudre).
C'est super vague tout ce que je dis mais je peux pas rentrer plus dans le détail. Donc voilà le constat de "vous freinez tous des 4 fers pour faire une réu entre vous" oui et non. Au niveau collectif y'a un frein, au niveau individuel certains veulent monter ça.

Ce qui est mon cas mais selon moi pas avant d'avoir résolu certaines choses.

A Angmar et GrandMath
La justification sur la situation limougeaude n'était peut être pas nécessaire. A t on toujours besoin de se justifier ? Que se passe t il dans la ville de Scrrmmgirl ? Les hommes font ils des réunions non mixtes de réflexions anti sexistes ?
Je me justifie pas, j'explique juste pourquoi selon moi une réu non-mixte mec oui mais pas tout de suite.

EDIT : Euh je viens de relire mon post c'est absolument pas clair... Quelqu'un a compris? Laughing

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Re: mixité/non mixité

Message  Audre le Sam 2 Jan 2010 - 16:38

Bon alors je pense qu'il faut reclarifier quelques points:

D'abord, selon moi, l'oppression sexiste s'intègre à une structure sexiste. Cette structure est construite socialement pour satisfaire un système oppressif. De fait, cette structure est arbitraire, la division femme: féminin et homme: masculin en témoigne. Du coup, il est certain qu'on peut toujours prendre en exemple des actions qui seront considérées comme ne s'intégrant pas ou qui sont contradictoires avec cette structure (quand un homme raccompagne une femme ça ne signifie pas systématiquement la reproduction d'un comportement sexiste, c'était un exemple parmi tant d'autres).
Un exemple que je cite régulièrement est le constat que les filles sont attirées majoritairement par des hommes plus grands qu'elles. L'explication de Bourdieu dans "la domination masculine" est que l'homme valorisé socialement est l'homme fort, qui s'inscrit dans une performance virile. De fait, les femmes se considèrent valorisées socialement en étant avec des hommes plus grands qu'elles. Pour autant est ce que cela veut dire que les femmes qui sont avec des hommes plus petits se sentent moins valorisées que les autres? Bien sûr que non.

En revanche, ce raisonnement peut aussi être dangereux car il permet de se réfugier derrière l'argument de "moi je fais ça comme ça donc je ne suis pas sexiste...". En ce sens, les explications personnelles et les justifications individuelles ne servent pas à l'avancement d'une réflexion politique. Il faut bien comprendre que nous agissons dans une structure et non dans des fonctionnements individuels qui n'ont pas de liens les uns avec les autres. Un exemple du danger que cela peut être: moi, je peux présenter le fait qu'une nana qui se balade toute seule la nuit dans la rue et écoute son MP3 à fond parce qu'elle utilise son baladeur pour se couper d'un monde qui l'inquiète et met la musique à fond pour être dans sa bulle et ne pas calculer la vie qu'il y a autour d'elle. Une autre personne pourra répondre "non non moi je mets mon baladeur parce que je kiffe écouter de la musique" et je ne pense pas que les choses avanceront si on en arrive à des raisonnement comme celui là.

Par contre je pense qu'il faudrait s'interroger sur le pourquoi de cette nécessité de se justifier en permanence sur ces pratiques individuelles. Comme le dit mimi cra cra on ne fait pas de politique pour se rassurer sur ces pratiques individuelles mais bien parce que je le répète on est dans une structure que nous souhaitons démanteler et que de fait cet exemple ne fait pas écho à tous mais peut faire écho à d'autres et aboutir à une analyse commune.

Je vais citer un exemple de discussion que j'ai pu avoir avec différentes nanas. L'une m'a parlé du fait qu'elle mettait de la musique pour rentrer le soir parce que ça l'a coupé du monde et de possibles altercations avec des mecs, une autre m'a dit qu'elle faisait attention lorsqu'elle rentrait à pied le soir à se déplacer dans le sens inverse de la circulation des voitures, une autre m'a dit qu'elle ne rentrait jamais à pied seule parce qu'elle avait peur, une autre m'a dit qu'elle se faisait toujours raccompagner par un homme ou une femme, une autre qu'elle se faisait raccompagner par un mec, une autre qu'elle rentrait qu'en voiture, une autre qu'elle appelait un taxi mais ne rentrait jamais à pied, une autre qu'elle réfléchissait à comment elle s'habillait le soir suivant si elle rentrerait seule, en voiture ou accompagner, une autre qui anticipait le trajet qu'elle allait faire pour éviter certaines rues, certains quartiers... et bien selon moi tous ces exemples témoignent de différentes actions qui correspondent à des attitudes répondant à la même problématique de la diffculté d'investissement de l'espace pour les femmes.
Alors oui on peut certainement trouver des mecs qui font pareils et pour autant peut-on arriver à la conclusion que c'est une erreur de dire que tout est du sexisme? Et bien non car comme je l'ai indiqué dans mon premier post la transversalité des oppressions fait que certains actes d'oppression sont connus et vécus par les hommes comme par les femmes. Ils ont le même but: oppresser, mais, ne s'exercent pas de la même manière: est ce qu'on raccompagne un pote antifa pour les mêmes raisons qu'une nana "lambda"? Non pas forcément.

Je pense que les débats d'exemples et de contre exemples ne sont pas très constructifs, les exemples doivent servir à interpeller les gens afin qu'ils se reconnaissent de manière à unir les individus et construire une conscience commune. Nous appartenons tous à la même structure même si nous ne vivons pas exactement les mêmes évènements.

Pour finir je trouve ça dommage de s'arrêter à cet exemple du post et j'aurais préférer qu'on m'interpelle sur les propositions de questionnements que j'ai mis en avant à la fin de mon post sur le rapport des hommes à la performance masculine, au rapport à la sexualité hétéro..., voir si ces pistes étaient pertinentes et questionnaient les gens!
La remarque de Titi concernant le fait que si on raccompagne un homme est ce qu'il va se sentir faible? Et bien, je trouve que ça s'intègre à une question sur la performance masculine, est ce que ce garçon aura le sentiment d'être perçu ou non auprès des hommes comme des femmes comme un faible? Si oui pourquoi, si non pourquoi? Pour élément de réponse mon exemple ne sort pas de nulle part, j'ai pu discuter avec des gars qui m'ont expliquer leur souci quant à la pression qu'il pouvait vivre à devoir satisfaire à cette exigence masculine de protection des femmes. L'un d'eux m'a expliqué qu'il devait protéger sa copine parce qu'on attendait ça de lui. Cette personne qui n'est absolument pas militant à poser indirectement la question de la légitimité de la structure sexiste et malgré lui a eu une démarche politique.

Mon but était d'insister sur l'idée que TOUT est politique que chaque action n'est pas anodine et qu'elle mérite d'être analysée et je rappelle que selon moi tout questionnement est bon en revanche la démarche de déni de certains questionnements est la pire solution.
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Message  Pti'Mat le Sam 2 Jan 2010 - 18:38

Je suis d'accord sur le fond.

Quant aux réunions non-mixtes hommes, il est vrai qu'on a déjà parlé de ces sujets individuellement et pas dans un contexte de réu structurée mais plutôt autour d'un verre...
Je ne sais pas si pour le coup ça amenerai a quelque chose pour l'instant, un résultat, car pour accomplir un travail il faut avoir été formé, j'estime qu'on n'a pas la formation, pas suffisament en tout cas, on a pas l'approfondissement qui implique la formation individuelle et par expérience dans ce domaine ce pourquoi on a surtout besoin de réu mixtes pour l'instant et du contact avec des féministes d'ailleurs pour voir le travail fait.

Je rejoins Angmar.
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Re: mixité/non mixité

Message  scumgrrrl le Dim 3 Jan 2010 - 19:14

Pti'Mat a écrit:car pour accomplir un travail il faut avoir été formé, j'estime qu'on n'a pas la formation, pas suffisament en tout cas

Il y a besoin de formation pour discuter sur comment on vous a dressés à être hétéro par exemple?
Il suffit de vous rappeler de choses personnel, de comment on a valorisé que vous ayez des amoureuses à la maternelle, comment on dit partout au garçons "quand tu trouveras une femme..." et pas "quand tu trouveras une personne, quel que soit son genre..."
Une discussion non mixte c'est surtout observer collectivement comment un système, le patriarcat, se construit, via quels outils.
ça peut être des trucs tout bêtes, de réflechir à des trucs du quotidien... Par exemple, sur des basiques que vous savez déjà : les taches ménagères. Vous savez qu'il y a une inégale répartition des taches entre hommes et femmes. Alors, en réu, faites un tour de table :
à quel âge avez vous commencé à laver votre linge seul?
à quel âge avez vous commencé à vous faire à manger seul? Avez vous déjà fait régulièrement à manger pour plusieurs (par exemple pour toute la famille, ou au moins les petits frères et soeurs)?
dans quels espaces de la maisons faisiez vous le ménage quand vous habitiez chez vos parents?
comment envisagez vous votre rôle dans la distribution des tâches ménagères à la maison? Êtes vous un plus?
quand vous étiez chez vos parents, comment se faisaient les courses?

etc...

vous noterez qu'il y a des constantes, et que lorsqu'il y a des différences entre mecs, elles s'expliquent parfois par des différences de classe (et donc souvent de "race", ou juste des différences de "race")

Voila, après, vous posez toutes ces questions à vos potes filles, à vos soeurs, aux membres de votre famille femmes et hommes...

Bon, je donnais cette exemple qui m'est venu comme ça pour dire : on n'a pas besoin de lire l'intégralité du rayon socio et sciences po de 3 bibliothèques universitaires pour trouver des raisons de s'organiser. Partez de votre propre vécu! (je devrais relever combien de fois je l'ai mise dans le forum cette phrase)
Et comme le précisait Joane, c'est pas pour énoncer des généralités individuelles style"moi mon père il sait faire cuire des pâtes, et je jouait aux barbies avec ma soeur donc je suis féministe", c'est pour comprendre le chemin que prend le conditionnement social à partir d'exemples persos, pas via de la théorie lue dans un bouquin.

Et puis juste pour conclure : un des trait de la construction masculine, c'est que les hommes sont dressés à être beaucoup dans la raison, à avoir une vision globale du monde, le côté "tourné vers l'extérieur". Et les femmes sont conditionnée à écouter les sentiments, à être tournées vers l'intérieur, le foyer.
C'est à partir de la critique de cet état de fait que les féministes ont dit "le privé aussi est politique"; ou encore c'est à partir de ça que beaucoup de militantes qui au demeurant ne se revendiquaient pas forcément féministes, ont critiqué leurs camarades mecs, qui avaient des grandes idées sur le monde, mais au final étaient des exploiteurs à la maison.
Plutôt que d'attendre d'avoir une culture de ouf, d'être ultra formés, pour enfin faire un groupe non mixte homme high tech' de compétition (on n'est pas rendu-e-s!), partez de votre modeste expérience et organisez vous ici et maintenant.
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Re: mixité/non mixité

Message  Pti'Mat le Dim 3 Jan 2010 - 20:08

Ce que je voulais dire surtout c'est qu'il y a énormément de choses justement dans le quotidien et l'éducation patriarcale qui fait qu'on passe à côté sans s'en rendre compte, par exemple "comment on a valorisé que vous ayez des amoureuses à la maternelle, comment on dit partout au garçons "quand tu trouveras une femme..." et pas "quand tu trouveras une personne, quel que soit son genre..." bah si tu ne l'avais pas dit, jamais j'y aurai pensé, je ne parle pas de ton exemple en particulier mais du fond, plein de choses du genre auquels on ne pense pas car c'est banalisé depuis toujours. Et par "formation" j'entendais justement ceci, le décriptage de l'éducation patriarcale qui permettra un travail sur nous-mêmes en tant qu'hommes.
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Re: mixité/non mixité

Message  scumgrrrl le Dim 3 Jan 2010 - 21:23

pas besoin de formation pour observer la différenciation... je parle même pas d'oppression là, j'en suis pas là! Je parle de différenciation.
Vous avez bien une petite idée, non? même sur des lieux commun! La question de l'inégale répartition des tâches, me dis pas que tu le découvre quand même!
Les exemples que je te donnais sur l'hétérosexualité, c'est à chacun de vous de les trouver.
Chais pas moi, boulot pour la rentrée, essayez de faire une liste des choses qu'on vous a dites pour valoriser votre hétérosexualité dans une colonne, et tout ce qui est associé à l'homosexualité dans une autre.

Franchement, je sais pas quoi dire de plus... je pense que pour ce soir, je rend mon tablier...
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Re: mixité/non mixité

Message  Mimi Cra-Cra le Lun 4 Jan 2010 - 2:06

Aïe !
Encore une fois je ne sais pas comment intervenir sur votre forum…
Il ne s’agit plus de partager une expérience mais bien de montrer un désaccord politique. Vous l’avez compris ma préoccupation principale est comment nous organisons-nous pour détruire cette société de merde. Et je suis désolée mais organiser de manière formelle les garçons qui ont déjà un pied dans le milieu militant serait une perte de temps. A moins que l’objectif soit que les femmes militantes soient entourées par des hommes pro-féministes. C’est vouloir se créer une bulle militante. On critique trop souvent les bulles militantes pour ne pas vouloir les éclater. Encore une fois : dans quel but, qui voulons-nous organiser et comment devons-nous nous y prendre ?

Notre but : en finir avec cette société.
Notre moyen : la révolution et la lutte des classes.
Qui a les moyens de faire la révolution : le prolétariat.
Comment : dans un parti ou le syndicat.

Si le problème est posé à l’envers il y a un souci, parce qu’on n’est pas d’accord sur les buts.

Comment : en créant un groupe non-mixte d’homme.
Qui : les hommes qui ont déjà un pied dans le militantisme.
Notre moyen : que tout le monde trouve que la société est moche.
Notre but : que les hommes luttent contre le sexisme.

Il faut donc que tous les gauchistes rejoignent des groupes non- mixte d’hommes et se posent des questions ? La finalité c’est que ces militantes et militants qui ont participés à l’émergence de ce genre de structures aillent vivre en communauté fermée dans un coin du Larzac, où ils vécurent heureux pendant très longtemps ? C’est le pays des stroumpfs et entre-nous ou la société nouvelle « sans classes et sans états » qu’on veut construire ?
Quand je lis le tract de présentation du « Torchon Brûle », je vois des féministes et des hommes pro-féministes qui cherchent à avoir une action contre le capitalisme, je n’y avais pas vu la prétention de vouloir vivre sans sexisme dans la société actuelle.

Pti’Math et Titi ont l’air d’être un couple de militants, quel est l’intérêt si tous les deux le vivent bien qu’à chacune de leurs actions ou dans leur vie quotidienne ils s’interrogent sur la part d’implication du sexisme dans leur relation ? A partir du moment où ils sont conscient de vivre dans une société sexiste qui leur impose des réactions sexuées. Il y a, sans aucun doute, des moments où l’un et l’autre seront révoltés par ce sexisme mais ils peuvent en parler entre eux, et ce n’est pas uniquement la faute de l’un ou de l’autre mais bien, de la société. Ce qui ne les empêche pas d’avoir une action pour le vivre mieux ensemble. Mon but n’est pas que l’un et l’autre se retrouvent dans son coin à parler de son oppression propre mais bien que les deux soient prêt à en finir avec cette société pour que les générations à venir soient débarrassées de ces carcans sexistes.

Tout part du vécu : oui mais dans quel but ?

On a l’impression à vous lire que le seul moyen de vouloir en finir avec la société capitaliste c’est de prendre conscience de l’oppression des femmes. Et bien non : Il y en a pour qui, qu’ils soient hommes ou femmes, voudront en finir avec la société capitaliste parce qu’ils seront sensibles aux problèmes du racisme, de la faim dans le monde, de l’écologie etc. Effectivement cela dépendra du vécu de chacun. Et nous partirons du vécu de chacun pour avancer et former ces gens.
Je n’en veux pas à un homme de ne pas être apriori sensibilisé sur la question du sexisme. J’en veux pas au militantes et militants qui se retrouvent à devoir agir de manière sexuée parce qu’on est dans une société sexiste. J’en voudrais par contre aux militants et militantes qui seraient a-postériori incapables de dénoncer ce sexisme et qui dans leur vie personnelle seraient entrain de reproduire une oppression sexiste sans chercher de solutions pour s’en détacher.
Joane prend l’exemple du type qui se retrouve dans la position de devoir « protéger sa copine » : oui c’est ce qu’attend la société de lui. Ce n’est pas parce qu’il va en parler à d’autres hommes ou femmes qu’ils vont parvenir à une solution. C’est parce qu’il en parlera à un militant ou une militante qui le mettront sur la voie de l’organisation collective avec le prolétariat, et c’est uniquement quand on aura une autre société qu’on en finira avec ce problème.

Je trouve ça honnête et légitime la position de Pti’Mat, de Gran’Mat, et (dans la mesure où on comprend ce qu’il dit) celle d’Angmar. Je trouve que par contre se contenter de leur dire « vous n’avez qu’à parlez entrevous ! Et même de lieux commun » c’est non seulement renoncer au combat féministe, et déserter le terrain militant politique. Mais en plus sous-entendre que les lieux communs sont la base du problème et le début de la solution. Sans parler du fait qu’on suppose qu’ils ne sont pas capables de parler d’autre chose que de lieux communs.

Joane, dans son exemple, précise que le type « n’était absolument pas militant » et qu’il soulevait « malgré lui des problèmes politiques ». Cela ferait de nombreuses années qu’on en aurait finit avec le sexisme s’il suffisait de se retrouver en non-mixité pour en finir avec cela. Ce qu’il faut en mixité où en non-mixité c’est un ou une militante pour rappeler que l’extinction de la société capitaliste sera l’œuvre des travailleurs et qu’elle mettra fin à la domination de classe et au sexisme.

La non-mixité je pense qu’elle est de fait, quand ils se retrouvent sans femmes. Et je pense que s'ils se connaissent cela leur est déjà arrivé. Je ne suis pas certaine que le fait de pas avoir passé d’annonces ou ne pas avoir appelé ça « réunion » change grand-chose au fait que le problème c’est le manque de perspectives, pas les sujets abordés. Nous aussi cela nous arrive de passer des soirées « entre filles », et cela n’a intérêt pas dans les sujets abordés mais dans les perspectives. Il ne faut par contre pas confondre « organisation » et ce qui est uniquement une activité plus ou moins militante qui nous donne l’occasion de montrer l’intérêt et la pertinence de l’analyse marxiste de la société.

Puisque nous en sommes toutes réduites à citer des exemples perso : je vais le faire aussi. Dans un débat avec un type du NPA il a dit un truc du genre « l’idéal serait qu’il y ait dans chaque usine, une féministe, une écologiste, un antiraciste, un syndicaliste, un étudiant, un antisexiste, un militant pour le droit au logement, un associatif, etc. » Un copain l’a arrêté dans son énumération pour dire « dans chaque usine il faut un marxiste » parce que c’est bien le marxiste qui prend les problèmes dans leurs ensembles et a une solution, pas celles et ceux qui se spécialisent qui oublient la globalité.

Le « Torchon Brûle » m’a interpellé parce que justement contrairement à d’autres groupes, il a une vision globale de son action. Si c’est pour l’oublier et ensuite conseiller d’aller s’organiser sans perspectives politiques où est l’intérêt ?

Si je suis intervenue ici, c’est justement dans le cadre politique, « ne vous occupez pas des boulets », mais vous voyez bien que Gran’Mat, Pti’mat et Angmar sont dans une autre démarche ? Vous voyez bien qu’ils sont dans une démarche politique, totalement différent de celui qui vient faire des leçons déconnecté de tout militantisme ?

Au lieu de leurs proposer de s’ouvrir sur les perspectives et la réponse globale contre cette société on va les enfermer sur le problème du sexisme ? Le « Torchon Brûle » se marche alors sur la tête. Au lieu de partir du vécu pour aller vers le global, on va prendre ceux qui avancent contre le système pour les réduire à une lutte sur une conséquence du système.

Autant je pense que c’est notre rôle de féministe de faire le ménage parmi les prétendus militants, quand on se retrouve face à des gens qui sont prêts à faire des efforts de formation, on ne doit pas les enfermer sur notre militantisme féministe mais l'ouvrir sur qu’est-ce que le marxisme et qu’elle action avoir pour détruire l’Etat et le système capitaliste. Ils ont raison de se « révolter », s’ils trouvent qu’on les traite comme des gamins qui ne connaissent rien. Ils ont raison aussi de dire qu’ils ne peuvent pas faire notre boulot de militantes « féministes » à notre place.
C’est notre responsabilité de dire à un mec qu’il n’a rien à dire sur notre organisation « féministe » et rien à faire dans le milieu militant parce qu’il n’a rien compris et que c’est pas lui qui nous intéresse. C’est notre responsabilité que de dire aux mecs qui trouvent qu’on a pas à dire ça, que eux aussi auraient dû être « solidaires » avec nous et auraient été conséquent s’ils avaient « dégagé le boulet » !

[Je n’ai pas osé répondre à Angmar vu que c’était dans un autre message : mais quand il dit « je ne soutiens pas un communiste quand il dit de la merde », et « qu’entendez-vous par une attaque contre l’une d’entre-nous et une attaque contre toutes » : C’est que justement : pas un seul mec n’est intervenu pour dire : « Juanito tu n’as rien à faire là » et par extension « tu n’as même rien à faire dans le milieu militant. » Alors il y a certainement des données que je ne maitrise pas depuis Marseille mais bon...]

Le but une fois qu’on a fait le ménage ce n’est pas de se renfermer sur notre milieu militant et de se gargariser de notre action : Merci aux mecs qui restent et se posent des questions !

Mais au contraire, une fois le ménage fait, maintenant allons-y continuons à militer dans les syndicats et les partis et avançons. En particulier avec ceux des mecs qui se disent qu’en effet faire le ménage n’est pas un mal. Pour le coup, je ne vais pas reprendre la leçon de marxisme que Nadège fait dans ces messages sur l’autre sujet, mais je trouve cela bien plus pertinent comme questionnement sur « que faisons-nous désormais » que la proposition d’attendre que les mecs s’organisent en non-mixité. J’ai du mal à concevoir l’action féministe comme le terrible constat des jouets bleus pour les garçons et les jouets roses pour les filles. Que cela soit fait en non-mixité homme ou femme.

Sans aucun doute cela vous ferait du bien que les mecs prennent part à ces discussions, parce que c’est votre milieu, mais au-delà qu’elle efficacité ? Et est-ce vraiment votre but ? Et quand bien même : vous voyez bien qu’ils ne sont pas idiots : ceux là restent sur ce forum et posent des questions, profitons de cette occasion pour aller plus loin, pas pour en rester là !

Oui, tant qu’on n’aura pas détruit cette société, il restera du sexisme dans tous les hommes et femmes même chez les militants ! Et il sera nécessaire que nous nous mettions en colère pour que les plus intéressants des militants mecs se posent des questions, et pour envoyer valser les autres. Mais pas question de faire tout ça pour se faire plaisir entre-nous : mais bien pour militer contre cette société dans nos organisations de classes (syndicats et partis).

Vivement qu’on en discute de visu, (je pense à Joane et Scumgrrl) je ne comprend pas votre position, j'ai l'impression en effet que vous fuyez la responsabilité de féministes et de militantes ! Parce que oui en effet si on s’attaque pas à la globalité du problème mais qu’on cherche uniquement à rentrer (et selon moi s’enfermer) dans les problèmes particuliers on va voir se multiplier les associations (je n’ai pas de soucis avec ça, mais il faut être conscient que cela ne suffit pas). Très bien, je suis d’accord que ça rend visible l’oppression, mais ça ne supprime pas l’oppression tant qu’ils n’ont pas répondus à la question « qui voulons nous organiser » ?

Alors je vais poser la question directement au « Torchon Brûle » : qui voulez-vous organiser ? En quoi en groupe non-mixte d’hommes militants est intéressant dans le cadre du but tiré de votre tract de présentation ? Vous voulez en finir avec le capitalisme ? Ou mieux vivre en tant que femmes dans la société capitaliste ?

Mieux vivre en tant que femme dans la société capitaliste est possible et je soutiens ses luttes, mais je veux former des militants qui détruiront le capitalisme pour, non pas mieux vivre, mais vivre bien !

Dans ce but, moi je m’organise en tant que féministe avec des femmes de la CGT, et dans un parti avec des femmes ouvrières pour changer de société, pas uniquement pour changer la société. Et je me confronte aux hommes et je saute à la gorge des pseudos militants pour qu’ils dégagent des organisations ouvrières s’ils ont des relents sexistes, racistes.

Comme le dit Scumgrrl, organisez-vous ici et maintenant ! Sauf que je te retourne cette remarque : Pourquoi vous supposez que tous les mecs ne se posent pas ces questions ? N’est pas contradictoire du fait que tu dises dans un message « les hommes soient ils font parti de la solution soit du problème, je ne vais pas faire d’efforts pour qu’ils comprennent où est leur intérêt ». Et bien si le rôle des féministes, pour moi, c’est bien de montrer où est notre intérêt en tant qu’êtres humains ! Et oui je suis non seulement révolutionnaire mais aussi marxistes, donc je ne vais pas attendre que tous les êtres humains en prennent conscience, je vais organiser et participer avec le prolétariat à cette révolution.

Comment des mecs peuvent avoir une meilleure pratique militante (et antisexiste) : c’est en étudiant mieux le marxisme, et en participants aux combats ouvriers, pas en se retrouvant entre eux pour parler de la construction sexiste du monde ! Bien sûr qu’ils peuvent avoir ses discussions et ses questionnements, et même en non-mixité, mais ont-ils besoin d’une « réunion » pour cela ? Non ils ont besoin d’étudier le marxisme et de militer dans le milieu ouvrier avec des ouvriers !
Quand je dis il faut « larguer les boulets » c’est les larguer du milieu militant : pas uniquement du milieu féministe ou pro-féministe ! Enfin là je paraphrase Nadège je crois donc je m’arrête.

Je ne comprends pas pourquoi on demande à Gran’mat de faire un effort, et que nous nous refuserions d’en faire autant. Surtout que désolé, mais ce n’est pas un hasard si les questions politiques sont abordés quand il y a confrontation avec les mecs ! Et j’ai l’impression que les questions qu’on veut aborder en non-mixité sur la société elles ne répondent pas aux questions politiques mais font le constat d’une société capitaliste !

Moi je veux des réponses politiques pas seulement des constats. Et on ne peut pas prétendre attendre d'avoir faits les constats pour avoir des réponses. Pratique et théorie vont de pair, l'un ne va pas sans l'autre.


Dernière édition par Mimi Cra-Cra le Jeu 7 Jan 2010 - 21:27, édité 1 fois
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Message  scumgrrrl le Lun 4 Jan 2010 - 2:59

franchement, je veux pas faire que le débat change totalement de direction, mais mimi cracra tes post ne me parlent mais alors pas du tout.
C'est aussi les limites d'internet, dans le sens où finalement on se confronte plus au blabla abstrait et à la théorie de chacun-e (moi comprise) plus qu'à des pratiques.

Tu vois, le marxisme c'est pas ma culture militante, le syndicalisme, ça l'est depuis que je bosse, mais je milite depuis plus longtemps que ça. Par ailleurs, je suis pas fan du terme "ouvrier" que tu n'as toujours pas défini, sachant par exemple que si on parle des femmes, l'immense majorité des travailleuses sont dans le tertiaire et les "services", ainsi que dans l'éducation et la santé. Donc quand tu parle d'ouvriers et d'usine, désolée mais ça me parle pas, et ça m'évoque rien en terme de pratique syndicale, en terme de réalité quotidienne au travail;
Pour moi, le capitalisme n'est pas plus ou moins l'ennemi numéro 1 que le patriarcat ou l'impérialisme.
Pour mes camarades mecs, je suis pas leur maman, ni une institutrice qui a pour vocation de leur transmettre quoi que ce soit autrement que par l'action violente (symbolique ou physique).
J'adhère en partie à l'idée qu'il y a une "classe" de femmes, et je suis pour la lutte des classes de genre pour la destruction (et non pas déconstruction) des catégories hommes et femmes.
La nécessité pour moi des groupes hommes, je te dirais, je m'en fous un peu... c'est plutôt histoire "de pas les avoir dans les jupons", parce que oui, selon moi les mecs sont des boulets en terme de féminisme. Alors si ils se considèrent des camarades et veulent avancer sur ces questions, c'est à eux de se bouger, et ma seule action (individuelle ou collective) sera de les pousser dans leurs retranchements pour qu'ils n'aient d'autre option que de vouloir détruire leurs privilèges.
Je ne m'organise pas sur les questions féministes avec les gars*, point. C'est pas de la radicalité, c'est ma stratégie, et celle d'autres personnes avec qui je milite ou j'ai milité.
Après comme je le disais plus haut, je conçoit tout à fait que tout le monde ne fonctionne pas comme moi, et je soutiens les stratégies de féministes radicales qui s'organisent en mixité. Il n' y a pas UNE stratégie, il faut se doter des armes qui nous conviennent, et ceci peut changer suivant qui on est, où on en est dans notre vie...


* je précise : des gars hétéros
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Message  scumgrrrl le Lun 4 Jan 2010 - 23:37

scumgrrrl a écrit:Donc quand tu parle d'ouvriers et d'usine, désolée mais ça me parle pas, et ça m'évoque rien en terme de pratique syndicale, en terme de réalité quotidienne au travail;

je parlais évidement de moi, je ne dis pas que ça ne veut rien dire dans l'absolu Wink

mais tu évoquais les "bulles militantes" et il me semble que l'emploi de certains termes sans les définir est un peu opaque pour qui n'a pas le même parcours. Mais finalement, c'est bien de se confronter sur ce forum parce qu'on est militant-e-s mais avec des parcours différents, et on a la nécessité d'élaborer un discours commun hors de nos bulles militantes respectives.
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Message  Audre le Mar 5 Jan 2010 - 0:23

alors il me semble que mon discours n'a pas été entendu tel que je le souhaitais entre autre à travers le post de mimi cracra. Pour moi, l'organisation de mecs en non mixité c'est absolument pas une finalité, c'est pas une perspective du torchon y'a des campagnes qu'on veut mettre en place un festival... ça c'est nos priorités: informer les gens sur le féminisme, le sexisme comme outil du capitalisme etc.

Je pense que cette proposition elle vient du fait qu'on constate au torchon qu'en théorie on est mixte et que concrètement y'a que sur le forum que c'est visible. Dans la pratique, le militantisme en mixité on le voit pas. Alors cette situation me tracasse dans le sens où je m'interroges sur le pourquoi de cette situation.
J'ai eu l'impression de constater à plusieurs reprises et notamment dans certains post sur le forum que les mecs se positionnaient soit comme "on est sexiste par "nature" du fait de notre conditionnement en tant qu'homme du coup on peut rien dire et on doit écouter les féministes", soit comme "je suis quand même militant anti sexiste donc je me justifie en expliquant que je suis pas sexiste dans mes pratiques".
Selon moi, je suis dans la démarche où je veux organiser les ouvriers et ouvrières et là je me dis dans mon cercle militant j'ai l'impression que les moyens, les outils de militantisme proposés sur la question de l'antisexisme ils ne sont pas efficaces dans ce cercle là, pourquoi je dis ça?
Parce que j'ai le sentiment qu'il n'y a pas de réappropriation de la question du sexisme et comme je l'ai indiqué avant, l'oppression sexiste est vécue et subie par les hommes comme par les femmes. Alors je propose ce moyen peut être qu'il est pas plus efficace, qu'il sert à rien mais en vrai je réfléchis à comment je suis devenue féministe, que je l'ai assumé... Et bien je suis passée par des étapes où je me suis pris des grosses claques dans ma gueule en réfléchissant à mon fonctionnement et je me les prends encore et c'est dur, ça passe aussi par la remise en question de pans entier de sa vie et que je pense que c'est aussi pour ça que j'assume et que je revendique que le démantèlement de la société capitalisme elle se fera pas sans une lutte antisexiste et vice versa. Je pense que je m'avance pas trop en disant que pour beaucoup de féministes c'est le cas. Du coup, l'organisation collective a amené à une réflexion globale mais aussi des éléments de résolution d'interrogations personnelles.

Sur la question du but ultime qui est la mort du capitalisme et la volonté d'organiser la classe ouvrière bien sûr c'est mon objectif. Simplement je voudrais quand même rappeler que dans toutes les luttes et tous les combats qui se revendiquent de position marxiste quelle a été la visibilité du combat féministe et antisexiste? Combien d'exemples pouvons nous citer, combien de femmes ont dû dans des temps de mobilisation active de la classe ouvrière réimposer leur position antisexiste seules contre tous? Alors oui, je me dis que faire un travail pour un antisexisme radical et mixte au quotidien ça serait peut être pas mal et je me dis que ce travail il doit aussi passer par la démarche de faire comprendre aux mecs leur intérêt dans la lutte antisexiste et pas simplement en tant que prolétaire mais aussi en tant qu'homme prolo.
Pour finir, je pense que l'unité de la classe ouvrière sans différenciation de sexe, de race, de pratique sexuelles... nécessite des formes diverses de militantismes. Pour exemple le fallope fest' a pour but de proposer des supports très divers afin d'amener de manière différentes la problématique du sexisme, de cette oppression comme stratégie d'imposition d'une structure bourgeoise (la famille, la sexualité...).
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Message  leia le Mar 5 Jan 2010 - 12:25

qui voulez-vous organiser ? En quoi en groupe non-mixte d’hommes militants est intéressant dans le cadre du but tiré de votre tract de présentation ? Vous voulez en finir avec le capitalisme ? Ou mieux vivre en tant que femmes dans la société capitaliste ?



Il est nécessaire de se battre pour les droits de toutes les femmes (droit à l'avortement...) mais nous devons organiser les femmes de la classe ouvrière (les femmes prolétaires), celles de la classe dans laquelle nous nous reconnaissons. Les femmes de la classe ouvrière subissent une double opression dûe au conditionnement capitaliste et patriarcal de la société dans laquelle nous vivons. Tout d'abord celle d'être femme puis celle de leur classe (exemple double journée de travail: celle à l'usine, au bureau et celle qui commence en rentrant à la maison).
La lutte d'émancipation de la femme prolétaire ne peut pas être une lutte semblable à celle que mène la femme bourgeoise contre l'homme de sa classe. Bien au contraire, sa lutte est une lutte avec l'homme de sa classe contre la classe des capitalistes.Et le but final de sa lutte n'est pas la libre concurrence avec l'homme, mais la conquête du pouvoir politique par le prolétariat. Cette idée est notamment développée par Clara Zetkin. Féministe qui s'opposait au fait d'enroler les femmes prolétaires dans le mouvement féministe bourgeois, tentative forcement vouée à l'echec car elles n'ont bien évidement pas les mêmes intérêts.

Les groupes non mixite d'hommes ne sont en effet pas une finalité car il est nécessaire que la lutte des femmes prolétaires soit menée avec les hommes de leur classe contre la bourgeoisie pour abattre le capitalisme (car même si le capitalisme n'a pas créer l'opression de la femme, il l'accentue et lui a fait prendre de nouvelles formes). La classe ouvrière est la seule a avoir l'intérêt et le pouvoir de le faire et doit pour cela être unie.

Les femmes doivent définir leur oppression (comme on essaye de le faire au torchon) et les hommes de notre classe se doivent de nous aider à faire tomber le système qui nous opprime tous. Pour être libérées de leur oppression, les femmes doivent être pleinement impliquées dans la lutte contre le capitalisme pour continuer a faire entendre la voix des femmes de notre classe dans le projet de société que nous portont afin qu'à terme le sexisme soit éradiqué. Le travail domestique doit être organisé collectivement, les tâches réparties également au sein des foyers et au niveau de l'économie. Même si nous ne pourrons jamais arriver a un systéme égalitaire sous le capitalisme, nous pouvons avancer vers cet objectif en luttant pour les droits des femmes (et particuliérement pour ceux des femmes de notre classe pour les raisons que j'ai expliqué plus haut), ainsi que pour leurs intérêts. En faisant entendre notre cause et en conscientisant la partie de notre classe qui n'a pas eu encore les moyens de le faire.
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Message  leia le Mar 5 Jan 2010 - 18:01

Et pour resituer dans un contexte plus global et aborder les questions de comment s'organiser et avec qui, je poste les résolutions du congrès de la III éme Internationale Communiste de juin 1921 car c'est important à lire et j'ai peur que si je le met seulement en lien il ne soit pas lu.
Je sais c'est très long pas besoin de le dire, après ce texte est vraiment capital à mon sens même s'il est très pointu par moment, si vous avez des questions je peux essayer d'y répondre! Et attention il faut relativiser c'est écrit aprés la révolution russe de 1917 et ils et elles pensent que la révolution mondiale est pour demain



Thèses pour la propagande parmi les femmes


1. Le 3° Congrès de l'Internationale Communiste, conjointement avec la 2° Conférence Internationale des Femmes Communistes, confirme l'opinion du 1° et du 2° Congrès relativement à la nécessité pour tous les partis communistes d'Occident et d'Orient de renforcer le travail parmi le prolétariat féminin, et en particulier l'éducation communiste des grandes masses des ouvrières qu'il faut entraîner dans la lutte pour le pouvoir des soviets ou pour l'organisation de la République Ouvrière Soviétique.

Pour la classe ouvrière du monde entier et par conséquent pour les ouvrières, la question de la dictature du prolétariat devient primordiale.

L'économie capitaliste se trouve dans une impasse. Les forces productives ne peuvent plus se développer dans le cadre du régime capitaliste. L'impuissance de la bourgeoisie à faire renaître l'industrie, la misère grandissante des masses laborieuses, le développement de la spéculation, la décomposition de la production, le chômage, l'instabilité des prix, la cherté de la vie disproportionnée aux salaires, provoquent une recrudescence de la lutte de classes dans tous les pays. Dans cette lutte, Il est surtout question de savoir qui doit organiser la production d'une poignée de bourgeois et d'exploiteurs, sur les bases du capitalisme et de la propriété privée, ou de la classe des vrais producteurs, sur la base communiste.

La nouvelle classe montante, la classe des vrais producteurs, doit, conformément aux lois du développement économique, prendre en mains l'appareil de production et créer les nouvelles formes économiques. C'est ainsi seulement qu'on pourra donner leur développement maximum aux forces productrices que l'anarchie de la production capitaliste empêche de donner tout le rendement dont elles sont capables.

Tant que le pouvoir est entre les mains de la classe bourgeoise, le prolétariat est impuissant à rétablir la production. Aucune réforme, aucune mesure, proposées par les gouvernements démocratiques ou socialistes des pays bourgeois ne seront capables de sauver la situation et d'alléger les souffrances insurmontables des ouvriers, car ces souffrances sont un effet naturel de la ruine du système économique capitaliste et persisteront tant que le pouvoir sera entre les mains de la bourgeoisie. Seule la conquête du pouvoir par le prolétariat permettra à la classe ouvrière de s'emparer des moyens de production et de s'assurer ainsi la possibilité de rétablir l'économie dans son propre intérêt.

Pour avancer l'heure de la rencontre décisive du prolétariat avec le monde bourgeois expirant, la classe ouvrière doit se conformer à la tactique ferme et intransigeante préconisée par là troisième Internationale. La réalisation de la dictature du prolétariat doit être à l'ordre du jour. C'est là le but qui doit définir les méthodes d'action et la ligne de conduite du prolétariat des deux sexes.

Partant du point de vue que la lutte pour la dictature du prolétariat est à l'ordre du jour du prolétariat de tous les Etats capitalistes et que la construction du communisme est la tâche actuelle dans les pays où la dictature est déjà entre les mains des ouvriers, le 3° Congrès de l'Internationale Communiste déclare que, aussi bien la conquête du pouvoir par le prolétariat que la réalisation du communisme dans les pays qui ont déjà renversé l'oppression bourgeoise ne sauraient être accomplies sans l'appui actif de la masse du prolétariat et du demi-prolétariat féminin.

D'autre part le Congrès attire une fois de plus l'attention des femmes sur le fait que sans l'appui des Partis Communistes, les initiatives ayant pour but la libération de la femme, la reconnaissance de son égalité personnelle complète et son affranchissement véritable ne sont pas réalisables.

2. L'intérêt de la classe ouvrière exige en ce moment avec une force particulière l'entrée des femmes dans les rangs organisés du prolétariat combattant pour le communisme ; il l'exige dans la mesure où la ruine économique mondiale devient de plus en plus intense et intolérable pour toute la population pauvre des villes et des campagnes et dans la mesure où, devant la classe ouvrière des pays bourgeois capitalistes, la révolution sociale s'impose inévitablement, tandis que devant le peuple laborieux de la Russie Soviétique se dresse la tâche de reconstruire l'économie nationale sur de nouvelles bases communistes. Ces deux tâches seront d'autant plus facilement réalisées que les femmes y prendront une part plus active, plus consciente et plus volontaire.

3. Partout où la question de la conquête du pouvoir surgit directement, les partis communistes doivent savoir apprécier le grand danger que présente dans la révolution les masses inertes des ouvrières non entraînées dans le mouvement des ménagères, des employées, des paysannes non affranchies des conceptions bourgeoises, de l'Eglise et des préjugés, et non rattachées par un lien quelconque au grand mouvement de libération qu'est le communisme. Les masses féminines de l'Orient et de l'Occident non entraînées dans ce mouvement constituent inévitablement un appui pour la bourgeoisie, et un objet pour sa propagande contre-révolutionnaire. L'expérience de la révolution hongroise, au cours de laquelle l'inconscience des masses féminines a joué un si triste rôle, doit servir d'avertissement au prolétariat des pays arriérés entrant dans la voie de la révolution sociale.

La pratique de la République Soviétique a montré à l'œuvre combien est essentielle la participation de l'ouvrière et de la paysanne tant à la défense de la République pendant la guerre civile que dans tous les domaines de l'organisation soviétique. On sait l'importance du rôle que les ouvrières et les paysannes ont déjà joué dans la République Soviétique, dans l'organisation de la défense, dans le renforcement de l'arrière, dans la lutte contre la désertion et contre toutes les formes de la contre-révolution, du sabotage. etc.

L'expérience de la République Ouvrière doit être apprise et utilisée dans les autres pays.

De tout ce que nous venons de dire résulte la tâche immédiate des Partis Communistes : étendre l'influence du Parti et du communisme aux vastes couches de la population féminine de leur pays, au moyen d'un organe spécial fonctionnant à l'intérieur du Parti et de méthodes particulières permettant d'aborder plus facilement les femmes pour les soustraire à l'influence des conceptions bourgeoises et à l'action des partis coalitionnistes, pour en faire de véritables combattantes pour l'affranchissement total de la femme.

4. En imposant aux Partis Communistes d'Occident et d'Orient la tâche immédiate de renforcer le travail du Parti parmi le prolétariat féminin, le 3° Congrès de l'Internationale Communiste montre en même temps aux ouvriers du monde entier que leur affranchissement de l'injustice séculaire, de l'esclavage et de l'inégalité, n'est réalisable que par la victoire du communisme.

Ce que le communisme donnera à la femme, en aucun cas, le mouvement féminin bourgeois ne saurait le lui donner. Aussi longtemps qu'existera la domination du capital et de la propriété privée, l'affranchissement de la femme n'est pas possible.

Le droit électoral ne supprime pas la cause première de l'asservissement de la femme dans la famille et dans la société et ne lui donne pas la solution du problème des rapports entre les deux sexes. L'égalité non formelle, mais réelle de la femme n'est possible que sous un régime où la femme de la classe ouvrière sera la maîtresse de ses instruments de production et de répartition, prenant part à leur administration et portant l'obligation du travail dans les mêmes conditions que tous les membres de la Société travailleuse ; en d'autres termes, cette égalité n'est réalisable qu'après le renversement du système capitaliste et son remplacement par les formes économiques communistes.

Seul, le communisme créera un état de choses dans lequel la fonction naturelle de la femme, la maternité, ne sera plus en conflit avec les obligations sociales et n'empêchera plus son travail productif au profit de la collectivité. Mais le communisme est en même temps le but final de tout le prolétariat. Par conséquent la lutte de l'ouvrière et de l'ouvrier pour ce but commun doit, dans l'intérêt de tous les deux, être menée en commun et inséparablement.

5. Le 3° Congrès de l'Internationale Communiste confirme les principes fondamentaux du marxisme révolutionnaire suivant lesquels il n'y a point de questions « spécialement féminines » ; tout rapport de l'ouvrière avec le féminisme bourgeois, de même que tout appui apporté par elle à la tactique de demi-mesures et de franche trahison des social-coalitionnistes et des opportunistes ne fait qu'affaiblir les forces du prolétariat et, en retardant la révolution sociale, empêche en même temps la réalisation du communisme, c'est-à-dire l'affranchissement de la femme.

Nous n'atteindrons au communisme que par l'union dans la lutte de tous les exploités et non par l'union des forces féminines des deux classes opposées.

Les masses prolétariennes féminines doivent dans leur propre intérêt soutenir la tactique révolutionnaire du Parti Communiste et prendre la part la plus active et la plus directe aux actions des masses et à la guerre civile sous toutes ses formes et sous tous ses aspects, tant dans le cadre national qu'à l'échelle internationale.

6. La lutte de la femme contre sa double oppression : le capitalisme et la dépendance familiale et ménagère doit prendre, dans la phase prochaine de son développement, un caractère international se transformant en lutte du prolétariat des deux sexes pour la dictature et le régime soviétique sous le drapeau de la III° Internationale.

7. En dissuadant les ouvrières de tous les pays de toute espèce de collaboration et de coalition avec les féministes bourgeoises, le 3° Congrès de l'Internationale Communiste les prévient en même temps que tout appui fourni par elles à la II° Internationale ou aux éléments opportunistes qui s'en rapprochent ne peut que faire le plus grand mal à leur mouvement. Les femmes doivent toujours se rappeler que leur esclavage a toutes ses racines dans le régime bourgeois. Pour en finir avec cet esclavage, il faut passer à un ordre social nouveau.

En soutenant les Internationales II et 2 1/2 et les groupes analogues, on paralyse le développement de la révolution, on empêche par conséquent la transformation sociale en éloignant l'heure de l'affranchissement de la femme.

Plus les masses féminines s'éloigneront avec décision et sans retour de la II° Internationale et de l'Internationale 2 1/2, plus la victoire de la révolution sociale sera assurée. Le devoir des femmes communistes est de condamner tous ceux qui craignent la tactique révolutionnaire de l'Internationale Communiste et de s'appliquer fermement à les faire exclure des rangs serrés de l'Internationale Communiste.

Les femmes doivent encore se rappeler que la II° Internationale n'a même pas essayé de créer un organisme destiné à la lutte pour l'affranchissement total de la femme. L'union internationale des femmes socialistes, dans la mesure où elle existe, a été établie en dehors du cadre de la II° Internationale, sur la propre initiative des ouvrières.

La III° Internationale a formulé clairement, dès son premier congrès en 1919, son attitude sur la question de la participation des femmes à la lutte pour la dictature du prolétariat. C'est sur son initiative et avec sa participation que fut convoquée la première conférence des femmes communistes et qu'en 1920 fut fondé le secrétariat international pour la propagande parmi les femmes, avec représentation permanente au Comité Exécutif de l'Internationale Communiste. Le devoir des ouvrières conscientes de tous les pays est de rompre avec la II° Internationale et avec l'Internationale 2 1/2 et de soutenir fermement la politique révolutionnaire de l'Internationale Communiste.

8. L'appui que donneront à l'Internationale Communiste les ouvrières et les employées doit se manifester tout d'abord par leur entrée dans les rangs des Partis Communistes de leurs pays. Dans les pays et dans les Partis où la lutte entre la II° et la III° Internationale n'est pas encore terminée, le devoir des ouvrières est de soutenir de toutes leurs forces le parti ou le groupe qui suit la politique de l'Internationale Communiste et de lutter impitoyablement contre tous les éléments hésitants ou ouvertement traîtres, sans tenir compte d'aucune autorité. Les femmes prolétaires conscientes luttant pour leur affranchissement ne doivent pas rester dans un parti non affilié à l'Internationale Communiste.

Tout adversaire de la III° Internationale est un ennemi de l'affranchissement de la femme.

Chaque ouvrière consciente d'Occident et d'Orient doit se ranger sous le drapeau révolutionnaire de l'Internationale Communiste. Toute hésitation des femmes du prolétariat à briser avec les groupements opportunistes ou avec les autorités reconnues, retarde les conquêtes du prolétariat sur le champ de bataille de la guerre civile, qui prend le caractère d'une guerre civile mondiale.

MÉTHODES D'ACTION PARMI LES FEMMES


Partant des principes ci-dessus indiqués, le 3° Congrès de l'Internationale Communiste établit que le travail parmi le prolétariat féminin doit être mené par les Partis Communistes de tous les pays sur les bases suivantes :

1. Admettre les femmes à titre de membres égaux en droits et en devoirs à tous les autres dans le Parti et dans toutes les organisations prolétariennes (syndicats, coopératives, conseils des anciens des usines, etc.)

2. Se rendre compte de l'importance qu'il y a à faire participer activement les femmes à toutes les branches de la lutte du prolétariat (y compris sa défense militaire), de l'édification des nouvelles bases sociales, de l'organisation de la production et de l'existence selon les principes communistes.

3. Reconnaître la maternité comme une fonction sociale, prendre et appliquer toutes mesures nécessaires à la défense de la femme dans sa qualité de mère.

Tout en se déclarant énergiquement contre toute espèce d'organisation séparée de femmes au sein du Parti, des syndicats ou des autres associations ouvrières, le 3° Congrès de l'Internationale Communiste reconnaît la nécessité pour le Parti Communiste d'employer des méthodes particulières de travail parmi les femmes et estime utile de former dans tous les Partis Communistes des organes spéciaux chargés de ce travail.

En cela le Congrès est guidé par les considérations suivantes :

1° l'asservissement familial de la femme non seulement dans les pays bourgeois capitalistes, mais même dans les pays où existe déjà le régime soviétique, dans la phase de transition du capitalisme au communisme.

2° la grande passivité et l'état politique arriéré des masses féminines, défauts expliqués par l'éloignement séculaire de la femme de la vie sociale et par son esclavage dans la famille.

3° les fonctions spéciales imposées à la femme par la nature elle-même, c'est-à-dire la maternité et les particularités qui en découlent pour la femme, avec le besoin d'une plus grande protection de ses forces et de sa santé dans l'intérêt de toute la société.

Ces organes pour le travail parmi les femmes doivent être des sections ou des commissions fonctionnant auprès de tous les Comités du Parti, à commencer par le Comité Central et jusqu'aux comités de quartier ou de district. Cette décision est obligatoire pour tous les Partis adhérant à l'Internationale Communiste.

Le 3° Congrès de l'Internationale Communiste indique comme tâches des Partis Communistes à accomplir par l'intermédiaire des sections pour le travail parmi les femmes :

1. Eduquer les grandes masses féminines dans l'esprit du communisme et les attirer dans les rangs du Parti.

2. Combattre les préjugés relatifs aux femmes dans les masses du prolétariat masculin, en renforçant dans l'esprit des ouvriers et des ouvrières l'idée de la solidarité des intérêts des prolétaires des deux sexes.

3. Affermir la volonté de l'ouvrière en l'utilisant dans la guerre civile sous toutes ses formes et aspects, éveiller son activité en la faisant participer aux actions de masses, à la lutte contre l'exploitation capitaliste dans les pays bourgeois (contre la cherté de la vie, la crise du logement et le chômage), à l'organisation de l'économie communiste et de l'existence en général dans les républiques soviétiques.

4. Mettre à l'ordre du jour du Parti et des institutions législatives les questions relatives à l'égalité de la femme et à sa défense comme mère.

5. Lutter systématiquement contre l'influence de la tradition, des mœurs bourgeoises et de la religion, afin de préparer la voie à des rapports plus sains et plus harmonieux entre les sexes et à l'assainissement moral et physique de l'humanité travailleuse.

Tout le travail des sections féminines devra être fait sous la direction immédiate et sous la responsabilité des comités du Parti.

Parmi les membres de la commission ou de la direction des sections devront figurer aussi, dans la mesure du possible, des camarades communistes hommes.

Toutes les mesures et toutes les tâches qui s'imposent aux commissions et aux sections des ouvrières devront être réalisées par elles, d'une manière indépendante, mais dans les pays des Soviets par l'intermédiaire des organes économiques ou politiques respectifs (sections des Soviets, Commissariats, Commissions, Syndicats, etc.) et dans les pays capitalistes avec l'aide des organes correspondants du prolétariat (syndicats conseils, etc.).

Partout où des Partis Communistes ont une existence légale ou semi-légale, ils doivent former un appareil illégal pour le travail parmi les femmes. Cet appareil doit être subordonné et adapté à l'appareil illégal du parti dans son ensemble. Là, comme dans l'appareil légal, chaque Comité doit comprendre une camarade, chargée de diriger la propagande illégale parmi les femmes.

Dans la période actuelle, les syndicats professionnels et de production doivent être pour les Partis Communistes le terrain fondamental du travail parmi les femmes, tant pour les pays où la lutte pour le renversement du joug capitaliste n'est pas encore terminée que dans les républiques ouvrières soviétiques.

Le travail parmi les femme doit être mené dans l'esprit suivant : unité dans la ligne politique et dans la structure du parti, libre initiative des commissions et des sections dans tout ce qui tend à procurer à la femme sa complète libération et égalité, ce qui ne saurait être pleinement obtenu que par le Parti, en entier. Il ne s'agit pas de créer un parallélisme, mais de compléter les efforts du Parti par l'activité et l'initiative créatrices de la femme.

LE TRAVAIL POLITIQUE DU PARTI PARMI LES FEMMES DANS LES PAYS DE RÉGIME SOVIÉTIQUE

Le rôle des sections dans les républiques soviétiques consiste à éduquer les masses féminines dans l'esprit du communisme en les entraînant dans les rangs du Parti Communiste ; il consiste encore à développer l'activité, l'initiative de la femme en l'attirant dans le travail de construction du communisme et en en faisant un ferme défenseur de l'Internationale Communiste.

Les sections doivent par tous les moyens faire participer la femme à toutes les branches de l'organisation soviétique, depuis la défense militaire de la République jusqu'aux plans économiques les plus compliqués.

Dans la République Soviétique, les sections doivent veiller à l'application des décisions du 3° Congrès des Soviets concernant la participation des ouvrières et des paysannes à l'organisation et à la construction de l'économie nationale, ainsi qu'à tous les organes dirigeants et administratif, contrôlant et organisant la production.

Par l'intermédiaire de leurs représentants et par les organes du Parti, les sections doivent collaborer à l'élaboration de nouvelles lois et à la modification de celles qui doivent être transformées en vue de l'affranchissement réel de la femme. Les sections doivent faire preuve d'initiative particulière pour le développement de la législation protégeant le travail de la femme et des mineurs.

Les sections doivent entraîner le plus grand nombre possible d'ouvrières et de paysannes dans les campagnes pour l'élection des Soviets et veiller à ce que parmi les membres de ceux-ci et des Comités Exécutifs soient aussi élues des ouvrières et des paysannes.

Les sections doivent favoriser le succès de toutes les campagnes politiques et économiques menées par le Parti.

C'est encore le rôle des sections de veiller au perfectionnement et à la spécialisation du travail féminin par l'expansion de l'enseignement professionnel, en facilitant aux ouvrières et aux paysannes l'accès des établissements correspondants.

Les sections veilleront à l'entrée des ouvrières dans les commissions pour la protection du travail fonctionnant dans les entreprises et au renforcement de l'activité des commissions de secours et de protection de la maternité et de l'enfance.

Les sections faciliteront le développement de tout le réseau d'établissements publics comme orphelinats. blanchisseries, ateliers de réparations, institutions d'existence sur les nouvelles bases communistes, allégeront pour les femmes le fardeau de l'époque de transition, amèneront leur indépendance matérielle et feront de l'esclave domestique et familial la libre collaboratrice du créateur des nouvelles formes de vie.

Les sections devront faciliter l'éducation des femmes membres des syndicats dans l'esprit du communisme par l'intermédiaire des organisations pour le travail parmi les femmes, constituées par les fractions communistes des syndicats.

Les sections veilleront à ce que les ouvrières assistent régulièrement aux réunions des déléguées d'usines et de fabriques.

Les sections répartiront systématiquement les déléguées du Parti comme stagiaires dans les différentes branches de travail : soviets, économie nationale, syndicats.


DANS LES PAYS CAPITALISTES

Les tâches immédiates des commissions pour le travail parmi les femmes sont déterminées par les conditions objectives. D'une part : la ruine de l'économie mondiale, l'aggravation prodigieuse du chômage, ayant pour conséquences particulières la diminution de la demande de main-d'œuvre féminine et l'augmentation de la prostitution, de la cherté de la vie, de la crise du logement, de la menace de nouvelles guerres impérialistes ; d'autre part : les incessantes grèves économiques dans tous les pays, les tentatives renouvelées de soulèvement armé du prolétariat, l'atmosphère de plus en plus étouffante de la guerre civile s'étendant sur le monde entier, tout cela apparaît comme le prologue de l'inévitable révolution sociale mondiale.

Les commissions féminines doivent mettre en avant les tâches de combat du prolétariat, mener la lutte pour les revendications du Parti Communiste, faire participer la femme à toutes les manifestations révolutionnaires des communistes contre la bourgeoisie et les socialistes coalitionnistes.

Les commissions veilleront, non seulement à ce que les femmes soient admises avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les hommes dans le Parti, dans les syndicats et dans les autres organisations ouvrières de lutte de classes, en combattant toute séparation et toute particularisation de l'ouvrière, mais encore à ce que les ouvrières soient élues à l'égal des ouvriers dans les organes dirigeants des syndicats et des coopératives.

Les commissions aideront les grandes masses du prolétariat féminin et des paysannes à exercer leurs droits électoraux aux élections parlementaires et autres en faveur du Parti Communiste, tout en faisant ressortir le peu de valeur de ces droits tant pour l'affaiblissement de l'exploitation capitaliste que pour l'affranchissement de la femme, et en opposant au parlementarisme le régime soviétique.

Les commissions devront aussi veiller à ce que les ouvrières, les employées et les paysannes prennent une part active et consciente aux élections des soviets révolutionnaires, économiques et politiques de délégués ouvriers. Elles s'efforceront d'éveiller l'activité politique chez les ménagères et de propager l'idée des Soviets particulièrement parmi les paysannes.

Les commissions consacreront la plus grande attention à l'application du principe « à travail égal, salaire égal ».

Les commissions devront entraîner les ouvrières dans cette campagne par des cours gratuits et accessibles à tous et de nature à relever la valeur de la femme.

Les commissions doivent veiller à ce que les femmes communistes collaborent à toutes les institutions législatives, municipales, pour préconiser dans ces organes la politique révolutionnaire de leur parti.

Mais tout en participant aux institutions législatives, municipales et aux autres organes de l'Etat bourgeois, les femmes communistes doivent suivre strictement les principes et la tactique du Parti. Elles doivent se préoccuper non pas d'obtenir des réformes sous le régime capitaliste, mais de tâcher de transformer toutes revendications des femmes laborieuses en mots d'ordre de nature à éveiller l'activité des masses et à diriger ces revendications sur la route de la lutte révolutionnaire et de la dictature du prolétariat.

Les commissions doivent dans les Parlements et dans les municipalités rester en contact étroit dans les fractions communistes et délibérer en commun sur tous les projets relatifs aux femmes. Les commissions devront expliquer aux femmes le caractère arriéré et non économique du système des ménages isolés, le défaut de l'éducation bourgeoise donnée aux enfants, en groupant les forces des ouvrières sur les questions de l'amélioration réelle de l'existence de la classe ouvrière, questions soulevées par le Parti.

Les commissions devront favoriser l'entraînement dans le Parti Communiste des ouvrières, membres des syndicats, et les fractions communistes de ces derniers devront détacher dans ce but des organisateurs pour le travail parmi les femmes agissant sous la direction du Parti et les sections locales.

Les commissions d'agitation parmi les femmes devront diriger leur propagande de telle sorte qu'elles obtiennent que les femmes prolétaires répandent dans les coopératives l'idée du communisme et, en pénétrant dans la direction de ces coopératives, arrivent à les influencer et à les gagner, étant donné que ces organisations auront une très grande importance comme organes de répartition pendant et après la révolution. Tout le travail des commissions doit tendre vers ce but unique : le développement de l'activité révolutionnaire des masses afin de hâter la révolution sociale.

DANS LES PAYS ÉCONOMIQUEMENT ARRIÉRÉS

Le Parti Communiste de concert avec les sections doit obtenir dans les pays à faible développement industriel la reconnaissance de l'égalité en droits et en devoirs de la femme dans le Parti, dans les syndicats et dans les autres organisations de la classe ouvrière.

Les sections et les commissions doivent lutter contre les préjugés, les mœurs et les habitudes religieuses pesant sur la femme et mener la propagande parmi les hommes aussi.

Le Parti Communiste et ses sections ou commissions doivent appliquer les principes de l'égalité des droits de la femme dans l'éducation des enfants, dans les rapports familiaux et dans la vie publique.

Les sections chercheront appui pour leur travail avant tout dans la masse des ouvrières travaillant à domicile (petite industrie), des travailleuses des plantations de riz, de coton et autres, en favorisant la formation partout où elle est possible (et en premier lieu parmi les peuples de l'Orient vivant dans les confins de la Russie Soviétique), d'ateliers corporatifs, de coopératives de petite industrie, et en facilitant ainsi partout l'entrée des ouvrières des plantations dans les syndicats.

Le relèvement du niveau général de culture de la masse est un des meilleurs moyens de lutte contre la routine et les préjugés religieux répandus dans le pays. Les commissions doivent donc favoriser le développement des écoles pour adultes et pour enfants et en rendre l'accès facile aux femmes. Dans les pays bourgeois, les commissions doivent mener une agitation directe contre l'influence bourgeoise dans les écoles.

Partout où il est possible de le faire, les sections et les commissions doivent mener la propagande à domicile, elles doivent organiser des clubs d'ouvrières et y attirer celle-ci, et en général les éléments féminins les plus arriérés. Les clubs doivent être des foyers de culture et d'instruction et des organisations modèles montrant ce que peut faire la femme pour son propre affranchissement et son indépendance (organisation de crèches, de jardins d'enfants, d'écoles primaires pour adultes, etc.).

Chez les peuples menant une vie nomade il faudra organiser des clubs ambulants.

Les sections doivent, de concert avec les Partis, dans les pays de régime soviétique, contribuer à faciliter la transition de la forme économique capitaliste à la forme de production communiste, en plaçant l'ouvrière devant cette réalité évidente que l'économie domestique et la famille, telles qu'elles étaient jusqu'à présent, ne peuvent que l'asservir tandis que le travail collectif la libérera.

Parmi les peuples orientaux vivant en Russie Soviétique, les sections doivent veiller à ce que soit appliquée la législation soviétique égalisant la femme dans ses droits par rapport à l'homme et défendant ses intérêts. Dans ce but, les sections doivent faciliter aux femmes l'accès aux fonctions de jurés dans les tribunaux populaires.

Les sections doivent également faire participer la femme aux élections aux Soviets, et veiller à ce que les ouvrières et les paysannes entrent dans les Soviets et les Comités Exécutifs. Le travail parmi le prolétariat féminin de l'Orient doit être mené sur la plate-forme de la lutte de classes. Les sections révéleront l'impuissance des féministes à trouver une solution aux différentes questions de l'affranchissement de la femme ; elles utiliseront les forces intellectuelles féminines (par ex. les institutrices) pour répandre l'instruction dans les pays soviétiques de l'Orient. Tout en évitant les attaques grossières et sans tact aux croyances religieuses et aux traditions nationales, les sections et les commissions travaillant parmi les femmes de l'Orient, devront nettement lutter contre l'influence du nationalisme et de la religion sur les esprits.

Toute l'organisation des ouvrières doit être basée, en Orient tout comme en Occident, non pas sur la défense des intérêts nationaux, mais sur le plan de l'union du prolétariat international des deux sexes dans les tâches communes de classe.

La question du travail parmi les femmes d'Orient, étant de grande importance et en même temps présentant un nouveau problème pour les partis communistes, doit être détaillée par une instruction spéciale sur les méthodes de travail parmi les femmes de l'Orient, appropriées aux conditions des pays orientaux. L'instruction sera adjointe aux thèses.

MÉTHODES D'AGITATION ET DE PROPAGANDE

Pour accomplir la mission fondamentale des sections, c'est-à-dire l'éducation communiste des grandes masses féminines du prolétariat et le renforcement des cadres des champions du communisme, il est indispensable que tous les Partis Communistes d'Orient et d'Occident s'assimilent le principe fondamental du travail parmi les femmes, qui est celui-ci : « Agitation et propagande par le fait ».

Agitation par le fait veut dire avant tout : action pour éveiller l'initiative de l'ouvrière, détruire son manque de confiance en ses propres forces et, en l'entraînant au travail pratique dans le domaine de l'organisation et de la lutte, pour lui apprendre à comprendre par la réalité que toute conquête du Parti Communiste, toute action contre l'exploitation capitaliste, est un progrès soulageant la situation de la femme. « De la pratique à l'action, à la reconnaissance de l'idéal du communisme et de ses principes théoriques », telle est la méthode avec laquelle les Partis Communistes et leurs sections féminines devront aborder les ouvrières.

Pour être réellement des organes d'action et pas seulement de propagande orale, les sections féminines doivent s'appuyer sur les noyaux communistes des entreprises et des ateliers et charger, dans chaque noyau communiste, un organisateur spécial du travail parmi les femmes de l'entreprise ou de l'atelier.

Avec les syndicats, les sections devront entrer en rapports par l'intermédiaire de leurs représentants ou de leurs organisateurs, désignés par la fraction communiste du syndicat et menant leur travail sous la direction des sections.

La propagande de l'idée communiste par le fait consiste, dans la Russie des Soviets, à faire entrer l'ouvrière, la paysanne, la ménagère et l'employée dans toutes les organisations soviétiques, en commençant par l'armée et la milice et en finissant par toutes les institutions visant à l'affranchissement de la femme : alimentation publique, éducation sociale, protection de la maternité, etc. Une tâche particulièrement importante, c'est la restauration économique sous toutes ses formes, à laquelle il faut entraîner l'ouvrière.

La propagande par le fait dans les pays capitalistes tendra avant tout à entraîner l'ouvrière dans les grèves, dans les manifestations et dans l'insurrection sous toutes ses formes, qui trempent et élèvent la volonté et la conscience révolutionnaires, dans toutes les formes du travail politique, dans le travail illégal (particulièrement dans les services de liaison) dans l'organisation des samedis et des dimanches communistes, par lesquels les ouvrières sympathisantes, les employées apprendront à se rendre utiles au Parti, par le travail volontaire.

Le principe de la participation des femmes à toutes les campagnes politiques, économiques ou morales entreprises par le Parti Communiste sert également le but de la propagande par le fait. Les organes de propagande parmi les femmes auprès des Partis communistes doivent étendre leur activité dans des catégories de plus en plus nombreuses de femmes socialement exploitées et enchaînées dans les pays capitalistes et, parmi les femmes des Etats soviétiques affranchir leur esprit enchaîné par des superstitions et des survivances du vieil ordre social. Ils devront s'attacher à tous les besoins et à toutes les souffrances, à tous les intérêts et à toutes les revendications par lesquelles les femmes se rendront compte que le capitalisme devra être écrasé comme leur ennemi mortel et que les voies doivent être frayées au communisme, leur libérateur.

Les sections doivent mener méthodiquement leur agitation et leur propagande par la parole, en organisant des réunions dans les ateliers et des réunions publiques soit pour les ouvrières et employées de différentes branches d'industrie, soit pour les ménagères et pour les travailleuses de toutes branches, par quartiers, rayons de la ville, etc.

Les sections doivent veiller à ce que les fractions communistes des syndicats, des associations ouvrières, des coopératives élisent des organisateurs et agitateurs spéciaux pour faire le travail communiste dans les masses féminines des syndicats, coopératives, associations. Les sections doivent veiller à ce que dans les Etats Soviétiques, les ouvrières soient élues aux conseils d'industrie et à tous les organes chargés de l'administration, du contrôle et de la direction de la production. Bref, les ouvrières doivent être élues à toutes les organisations qui, dans les pays capitalistes, servent aux masses exploitées et opprimées dans leur lutte pour la conquête de pouvoir politique ou, dans les Etats Soviétiques, servent à la défense de la dictature du prolétariat et à la réalisation du communisme.

Les sections doivent déléguer des femmes communistes éprouvées dans les industries, les plaçant comme ouvrières ou comme employées là où un grand nombre de femmes travaillent, comme cela est pratiqué en Russie Soviétique ; on installe aussi ces camarades dans de grandes circonscriptions et centres prolétariens.

Suivant l'exemple du Parti Communiste de la Russie Soviétique, qui organise des réunions de délégués et des conférences de déléguées sans parti, lesquelles ont toujours un succès considérable, les sections féminines des pays capitalistes doivent organiser des réunions publiques d'ouvrières, de travailleuses de toutes sortes, paysannes, ménagères, réunions qui s'occupent des besoins, des revendications des femmes laborieuses et qui doivent élire des comités ad-hoc, approfondir les questions soulevées en contact permanent avec leurs mandataires et les sections féminines du parti. Les sections doivent envoyer leurs orateurs prendre part aux discussions dans les réunions des partis hostiles au communisme.

La propagande et l'agitation au moyen des réunions et d'autres institutions semblables doivent être complétées par une agitation méthodique et prolongée poursuivie dans les foyers. Toute communiste chargée de cette besogne devra visiter tout au plus dix femmes à domicile, mais elle devra le faire régulièrement, au moins une fois par semaine et à chaque action importante des Partis Communistes et des masses prolétariennes.

Les sections doivent créer et répandre une littérature simple, convenable, de brochures et feuilles volantes de nature à exhorter et à grouper les forces féminines.

Les sections doivent veiller à ce que les femmes communistes utilisent de la manière la plus active toutes les institutions et moyens d'instruction du Parti. Afin d'approfondir la conscience et de tremper la volonté des communistes encore retardataires et des femmes laborieuses s'éveillant à l'activité, les sections doivent les inviter aux cours et discussions du Parti. Des cours séparés, des soirées de lecture et de discussion pour les ouvrières seules, peuvent être organisés seulement en cas d'exception.

Afin de développer l'esprit de camaraderie entre ouvrières et ouvriers, il est désirable de ne point créer de cours et d'écoles spéciales pour les femmes communistes ; dans chaque école du Parti, il doit obligatoirement y avoir un cours sur les méthodes du travail parmi les femmes. Les sections ont le droit de déléguer un certain nombre de leurs représentantes aux cours généraux du Parti.

STRUCTURE DES SECTIONS


Des commissions pour le travail parmi les femmes seront organisées auprès des comités régionaux et de district et enfin auprès du Comité Central du Parti.

Chaque pays décide lui-même des membres de la section. C'est de même au parti des différents pays qu'est donnée la liberté de fixer selon les circonstances le nombre des membres de la section appointés par le Parti.

La directrice de la section devra être en même temps membre du Comité local du Parti. Au cas où ce cumul ne se rencontrerait pas, elle devra assister à toutes les séances du Comité avec voix délibérative sur les questions concernant la section des femmes, et voix consultative sur toutes les autres questions.

Outre les tâches générales énumérées ci-dessous, incombant aux sections et aux commissions locales, elles seront chargées des fonctions suivantes : maintien de la liaison entre les différentes sections de la région et avec la section centrale, réunions d'information sur l'activité des sections et des commissions de la région, échange d'informations entre les différentes sections de la région et avec la section centrale, réunions d'information sur l'activité des sections et des commissions de la région, échange d'informations entre les différentes sections, fourniture de littérature à la région ou province ; distribution des forces d'agitation, mobilisation des forces du Parti pour le travail parmi les femmes ; convocation au moins deux fois par an de conférences régionales des femmes communistes, des représentantes des sections à raison de une à deux par section, enfin organisation de conférence d'ouvrières et de paysannes sans-parti.

Les sections régionales (de province) se composent de cinq à sept membres, les membres du Bureau sont nommés par le Comité correspondant du Parti sur présentation de la directrice de la section ; celle-ci est élue de même que les autres membres du comité de district ou de province à la conférence correspondante du Parti.

Les membres des sections ou des commissions sont élues à la conférence générale de la ville, du district ou de la province, ou encore sont nommées par les sections respectives en contact avec le Comité du Parti. La commission Centrale pour le travail parmi les femmes se compose de 2 à 5 membres dont une au moins est payée par le Parti.

Outre toutes les fonctions énumérées plus haut pour les sections régionales, la Commission centrale aura encore les tâches suivantes : instructions à donner aux localités et à leurs militantes ; contrôle du travail des sections, répartition, en contact avec les organes correspondants du Parti, des forces menant le travail parmi les femmes, contrôle par l'intermédiaire de leur représentant ou de leur chargé de pouvoir des conditions et du développement du travail féminin sur la base des transformations juridiques ou économiques nécessaires dans la situation de la femme ; participation des représentants, des chargés de pouvoir, aux commissions spéciales étudiant l'amélioration de l'existence de la classe ouvrière, de la protection du travail, de l'enfance, etc. ; publication d'une « feuille » centrale et rédaction de journaux périodiques pour les ouvrières ; convocation au moins une fois par an des représentantes de toutes les sections provinciales, organisation d'excursions de propagande à travers tout le pays, envoi d'instructeurs du travail parmi les femmes ; entraînement des ouvrières a participer dans toutes les sections à toutes les campagnes politiques et économiques du Parti ; liaison permanente avec le secrétariat international des femmes communistes et célébration annuelle de la journée internationale de l'ouvrière.

Si la directrice de la section des femmes auprès du Comité Central n'est pas membre de ce Comité, elle a le droit d'assister à toutes les séances avec voix délibérative sur les questions concernant la section, avec voix consultative sur toutes les autres. Elle est ou bien nommée par le Comité Central du Parti ou bien élue au congrès général de ce dernier. Les décisions et les arrêts de toutes les commissions doivent être confirmés par le Comité respectif du Parti.

LE TRAVAIL À L'ÉCHELLE INTERNATIONALE

La direction du travail des Partis Communistes de tous les pays, la réunion des forces ouvrières, la solution des tâches imposées par l'Internationale Communiste et l'entraînement des femmes de tous les pays et de tous les peuples dans la lutte révolutionnaire pour le Pouvoir des Soviets et la dictature de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, incombent au secrétariat international féminin auprès de l'Internationale Communiste.

Le nombre des membres de la Commission Centrale et le nombre des membres avec voix délibérative sont fixés par le Comité Central du Parti.
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Re: mixité/non mixité

Message  Mimi Cra-Cra le Ven 8 Jan 2010 - 0:10

Je ne sais pas trop comment vous répondre, vu que vous avez toutes des positions différentes. Et que ces positions sont très personnelles. Je préférerai vous avoir sous les yeux et vous écouter que devoir sur un forum publique, parler de tout cela.

Je vais vous envoyer à toutes les trois le message que je voulais poster, mais en privé, à vous de juger s'il peut être publique ou pas. Et dans ce cas vous n'aurez qu'à le publier. Mais vu qu'il s'agit de vos positions personnelles je ne vois pas d'intérêt à ce que ce soit en publique.

J'ai hésité à vous envoyer un message individuel, mais vu que vous sembliez vous connaitre, il était pour moi préférable que vous sachiez toutes les trois ce que je pense des deux autres. J'espère qu'on pourra continuer de discuter de tout cela toutes les quatre en privé.

Ce débat était intéressant, selon moi, mais il se termine un peu bizarrement vu qu'aucun n'a répondu à la proposition de Nadège, à moins, ce qui m'étonnerai que tout le monde soit d'accord sur le type d'organisation qu'elle préconise. Et dire que moi je me suis faite traiter de stalinienne...
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Re: mixité/non mixité

Message  leia le Ven 8 Jan 2010 - 1:28

Je répete ce que j'ai dis en privé à mimi cracra

il y a une différence entre exposer les positions qu'on eu des militants sur comment s'organiser et adhérer totalement à ces idées!
ET si exposer les théories qui vont plus loin que nos reflexions politiques c'est être stal alors j'adore! cheers
Je pense que oui le relevé de décision de la 3éme internationale est un texte interessant à lire et que la question de "comment s'organiser" est la suite logique de "qui et avec qui s'organiser".Il est donc intéressant de la placer ici!
Ce texte est en effet valable pour les gens organisés politiquement mais pas totalement dénué de sens pour les gens qui ne le sont pas et qui cherche à l'être!
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re:mixité/non mixité

Message  Florian le Ven 8 Jan 2010 - 9:36

Alors sur ce sujet je vais rejoindre totalement Nadège car déjà d'une part moi aussi je les trouvé très intéressant à lire niveau idéologique et sérieusement en parcourant ce texte j'ai vraiment trouvé que c'était une manière comme une autre de répondre à tes interrogations sur de quelles manières elles veulent lutter au Torchon. Donc oui pour moi aussi il n'y a qu'en supprimant le système capitaliste de notre société qu'on détruira le sexisme. En outre ,je comprends en quoi au Torchon elles préfèrent lutter plutôt en mixité. Et pour gagner des luttes et ensuite la révolution ,c'est tous les prolétaires qui devront s'unir(justement gommer ces différenciations créées par la société actuelle);et pour créer une nouvelle société il faudra s'organiser et se concerter entre tous les prolétaires sans exceptions.

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re:mixité/non-mixité

Message  Florian le Ven 8 Jan 2010 - 10:06

Pour étayer mes propos de tout à l'heure je vais me risquer à citer des phrases extraites du texte qui m'ont paru très importantes à analyser dans les idées qui se dégagent de ce texte.Tout d'abord sur l'intérêt de la mixité dans les luttes contre le système:"Nous n'atteindrons au communisme que par l'union dans la lutte de tous les exploités et non par l'union des forces féminines des deux classes opposées. Combattre les préjugés relatifs aux femmes dans les masses du prolétariat masculin, en renforçant dans l'esprit des ouvriers et des ouvrières l'idée de la solidarité des intérêts des prolétaires des deux sexes".Puis sur le fait que le capitalisme crée le sexisme :"Ce que le communisme donnera à la femme, en aucun cas, le mouvement féminin bourgeois ne saurait le lui donner. Aussi longtemps qu'existera la domination du capital et de la propriété privée, l'affranchissement de la femme n'est pas possible".Ensuite par rapport à la création d'une société idéale où il n'y aurait plus aucunes différenciations et donc une vraie égalité entre tous:"Les commissions veilleront, non seulement à ce que les femmes soient admises avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les hommes dans le Parti, dans les syndicats et dans les autres organisations ouvrières de lutte de classes, en combattant toute séparation et toute particularisation de l'ouvrière, mais encore à ce que les ouvrières soient élues à l'égal des ouvriers dans les organes dirigeants des syndicats et des coopératives". Après s'il y a besoin de reprendre ces citations par une analyse plus détaillée dans ce cas là je le ferai dans un autre post.

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