problème GAF 93 et milieu antifa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

problème GAF 93 et milieu antifa

Message  Audre le Mar 17 Avr 2012 - 10:35

Pourquoi nous n’avons pas animé l’atelier « extrême-droite, femmes, genre » : la position de la GAF-93 sur ses différends politiques avec des membres organisateurs du FSA.

Le FSA avait contacté deux membres de notre collectif, par ailleurs militantes de longue date dans les luttes féministes, LGBT et antifa pour leur proposer d’animer l’atelier « extrême-droite, femmes, genre et sexualité ».
Lors de la dernière réunion de préparation du FSA, mardi 4 avril à la Bourse du travail de Saint-Denis, nous avons exposé le contenu de notre atelier et l’organisation que nous avions prévue.

Sur le contenu, nous voulions mettre en perspective les thèses essentialistes du FN en les replaçant dans le contexte actuel : la diversité des groupes fascistes (des catho intégristes pro-vie aux groupuscules fascistes de défense d’une civilisation blanche européenne) et leurs points communs sur la défense d’une société patriarcale, capitaliste et raciste. Mais cette seule perspective ne suffit pas puisqu’on retrouve des positions tout à fait similaires chez des politiques UMP (Boutin, Vanneste… ). D’autre part, les politiques de gauche comme de droite n’hésitent pas à invoquer la défense des « libertés des femmes » et des « droits des minorités sexuelles » pour légitimer leur idéologie libérale et leur pouvoir raciste, sexiste, homophobe, classiste : lois sur le port du voile, stigmatisation de l’islam et des banlieues, lois sur l’immigration, fermetures de centres IVG, développement du pinkwashing pour justifier des guerres colonialistes en Israël ou Afghanistan… Lutter contre le fascisme aujourd’hui, c’est prendre en compte l’imbrication de toutes ses dimensions, car ses premières victimes (physiques, pas que dans les mots) restent des femmes, des gays, des lesbiennes, des personnes racisées… Or, on constate bien peu de luttes menées en commun entre les groupes identifiés « antifa » (dont certains se mobilisent contre les catho intégristes) et ceux identifiés « féministes, queer, LGBT », (dont certains développent des discours et des actions clairement antifascistes). Pourquoi ? Peut-on réfléchir aux combats antifascistes, donc antisexistes, antiracistes… sans s’interroger sur le sexisme, l’homophobie, le racisme au sein des milieux militants antifa ? Poser ces questions et échanger entre militant-e-s de divers collectifs, organisations… nous semblait primordial pour mieux s’organiser et lutter. Il s’agissait de faire ensemble une critique constructive de l’antifascisme ET du féminisme, sans manichéisme.

Sur l’organisation de l’atelier : nous souhaitions bien animer un atelier d’échanges et pas se poser en une tribune qui dit aux participant-e-s quoi penser. Afin que chacun-e puisse s’exprimer sur tous ces sujets, nous voulions proposer pendant l’atelier un temps de discussions en petits groupes, non-mixtes pour celles qui le souhaiteraient.

Dans la réunion du mardi 4, malgré les désaccords exprimés par certain-e-s, il n’y a pas eu d’opposition qui remette en cause la tenue de notre atelier.

Par contre, dans les échanges informels qui ont suivi (mails et coups de fil), des militants présents lors de la réunion, organisateurs du FSA, nous ont fait comprendre que non, nous n’étions pas les bienvenues et que les choses n’allaient pas se passer comme ça, ne devaient pas passer comme ça. (Le patriarcat aurait-il tremblé un court instant ? Qu’il crève !)
Pour nous non plus, ça ne pouvait pas se passer comme ça : nous avons donc décidé de ne pas animer cet atelier. Nous voulons pas servir de caution féministe à des militants qui :
- n’ont pas l’honnêteté de nous dire en face qu’ils ne sont pas d’accord avec nous et préfèrent envoyer des mails ou (faire) passer des coups de fils pour régler ça, tout en nous accusant de manipuler leur forum pour la cause féministe radicale, cause qui manifestement ne les concerne toujours pas.
- se désintéressent des conséquences de l’expansion de l’idéologie fasciste pour les femmes, féministes, LGBT et préfèrent agiter l’épouvantail maintes fois rabâché et bien consensuel de l’essentialisme du FN : qu’ils le fassent eux-mêmes.
- refusent de parler du sexisme, du virilisme, du paternalisme dans les milieux antifascistes quand ils posent la question « face au danger d’extrême-droite, quel antifascisme ? ». Et pour cause, ils les pratiquent activement quant il s’agit de nous dire ce que nous devons faire ou penser !
Et là, nous ne pouvons que constater, une fois de plus, que la domination masculine fait encore la loi dans le milieu antifasciste. Ce sera donc sans nous.

Groupe AnarchaFéministe du 93
avatar
Audre
Membre du torchon brûle 87

Messages : 471
Date d'inscription : 27/11/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum