quelques films

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Message  leia le Mar 25 Oct 2011 - 15:55

Debout ! Une histoire du mouvement de libération des femmes 1970/1980
Un film de Carole ROUSSOPOULOS


Le film : A travers de nombreuses archives (sonores, photographiques et audiovisuelles), ce film rend hommage aux femmes qui ont créé et porté le mouvement de libération des femmes en France et en Suisse, à leur intelligence, leur audace et leur humour. Il se situe comme un relais entre les pionnières et les nouvelles générations.

- Carole Roussopoulos : (1945/2009)

Dès la fin de l’année 1969, pionnière de la vidéo légère en France et féministe de la première heure, Carole Roussopoulos se lance dans l’aventure sans jamais avoir touché une caméra. D’origine suisse, elle est installée à Paris depuis 1967. Sur les conseils de son ami Jean Genet, elle achète un portapack (première caméra vidéo portable) avec le chèque de licenciement qu’elle vient de recevoir du magazine où elle travaillait. Elle fonde, avec son compagnon Paul Roussopoulos, le premier collectif de vidéo militante, « Vidéo Out ». Elle met ses connaissances à portée des militantes féministes en organisant des ateliers, des stages de vidéo attirant de nombreuses femmes, notamment Delphine Seyrig avec qui elle entame une longue collaboration. Elles fonderont avec Ioana Wieder le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir, premier centre d’archives audiovisuelles consacré à l’histoire et à la mémoire des femmes.

Son travail sert d’amplificateur aux luttes des prostituées de Lyon, des ouvriers des usines Lip, aux combats pour l’avortement et la contraception libre et gratuite. Loin de chercher à s’intégrer aux groupes ou à s’identifier aux personnes qu’elle filme, elle tente d’appréhender au plus juste une situation, une parole. Ainsi elle met en image les luttes internationales, les luttes des exclus, le quart-monde, les clochards, les luttes au quotidien (à l’hôpital, en foyer de retraite), la lutte des mères des détenus basques...

Ecoutant sans pour autant jamais commenter, elle n’a de cesse de remettre en cause les idées préconçues des spectateurs sur des sujets polémiques ou le plus souvent ignorés par les médias grand public. En quelques minutes sur une situation difficile ou conflictuelle, elle prend quelques repères rapides, capte une pensée, un discours, une façon de parler, de regarder, de travailler, de déambuler. Il s’agit d’une véritable exploration et non d’une démonstration formatée aussi bien dans la prise de vue que dans le montage...

Extraits d’une biographie rédigée en 2003 par Nicole Fernandez-Ferrer.


Born in flames de Lizzie Borden

Etats-Unis 1983 90mn Fiction. Avec : Jean Satterfield, Flo Kennedy, Kathryn Bigelow...

Etats-Unis, dans un futur non déterminé : la Guerre de Libération a mis en place un régime socialiste. Mais dix ans après, la structure patriarcale de la société est toujours dominante. Discrimination à l’embauche, cantonnement dans des emplois subalternes, violences à leur encontre : les femmes en on assez de subir et de multiples groupes se constituent pour entrer en résistance et lutter par tous les moyens, même les plus extrêmes. C’est le cas de l’Armée des Femmes, initiée par Adelaïde Norris et qui regroupe surtout des femmes noires et lesbiennes...

Le film met en scène plusieurs femmes provenant de milieux différents et tente de montrer quelques exemples de la façon dont le sexisme se joue et comment il peut être traité par une action directe. Un scène célèbre est celle au cours de laquelle deux hommes attaquent une femme dans la rue et où des dizaines de femmes, avec des sifflets, sur des bicyclettes, viennent à son aide...

Film surprenant, sûrement le seul à utiliser la science-fiction dans le cinéma féministe. La musique y tient une place importante (rock, slam, reggae...) et le montage très éclaté suit son rythme saccadé. D’où une intensité qui laisse le spectateur en état d’alerte. Les images d’archives sont nombreuses, montrant une fois de plus combien la frontière est fragile entre fiction et documentaire. Ainsi, l’avocate qui soutient l’Armée des Femmes, est interprétée par une vraie avocate, Flo Kennedy, qui s’est beaucoup impliquée dans la défense des Black Panthers. Les références à une histoire récente émaillent le récit : outre l’évocation du Front Polisario, il est clair que la mort en prison de Norris évoque celle d’Ulrike Meinhof. On est donc là dans un film ouvertement politique qui aborde la révolte des femmes d’une manière originale et très radicale. Inutile de préciser que ce film n’a jamais été distribué en France, seulement visible dans quelques festivals.

Grand prix au Festival international des Femmes de Créteil en 1983.

La vieille dame indigne de René Allio

1964 90mn Fiction D’après la nouvelle de Bertolt Brecht . Musique originale : Jean Ferrat

Avec : Sylvie, Malka Ribowska, Jean Bouise...

Portrait d’une femme, toujours restée dans l’ombre de sa famille, qui, à la mort de son mari, refusant soudain les conventions sociales et le sort du troisième âge, goûte à tout ce qu’elle n’a pas connu.

« La vieille dame indigne" est un film simple et merveilleux qui n’a pas pris une ride... Allio eut pourtant du mal à trouver un producteur pour le réaliser. On se méfiait de ce décorateur de théâtre, pourtant célèbre, qui, à quarante ans, voulait jouer à l’auteur de cinéma nouvelle vague. On se méfiait d’un scénario tiré d’une des Nouvelles d’almanach de Bertolt Brecht (trop intellectuelle, cette histoire !), de l’absence de vedettes dans la distribution prévue...

Sylvie est entrée dans le rôle, à croire qu’elle avait toujours été Madame Bertini. Vieillarde résignée puis malicieuse, dans sa longue robe noire, ses bas de coton noir, ses souliers plats, avec le chapeau « à manger de la tarte » posé sur son chignon, elle irradie d’une chaleur humaine que lui retournent Malika Ribowska, cette Rosalie qui se moque du qu’en-dira-t-on, Jean Bouise, le cordonnier anarchiste et philosophe, Victor Lanoux, le petit-fils qui comprend tout. Aujourd’hui comme en 1965, le bonheur de Sylvie nous émeut.

Jacques Siclier Le Monde 3 juillet 1988.

« Dès son premier long métrage à succès, La vieille dame indigne, le cinéaste adapte la nouvelle de Brecht dans un sens plus large que celui de l’auteur... La vieille dame indigne, après s’être résolue à ne plus vivre « pour » les autres, une fois son mari décédé, s’affirme en tant qu’individu libre, ne devant rien à personne. Sa vie passe désormais « par » les autres, par le groupe d’amis anarchistes qu’elle a choisi, et qui lui donne envie de se réaliser. Le cercle de camarades libertaires tourne autour du cordonnier Alphonse, qui, comme le souligne Jean-Louis Comolli (Cahiers du cinéma mai/juin 1965) représente la conscience du film. Cette conscience libertaire guide la vieille Madame Berthe durant tout le film jusqu’aux derniers plans du long métrage qui affiche son portrait radieux, désormais orienté vers la lumière du soleil, ayant abandonné définitivement sa position « d’ombre » sociale et familiale. »

Isabelle Marinone Cadrage décembre 2004.

Elle n’a vu dans les dimanches

Qu’un costume frais repassé

Quelques fleurs ou bien quelques branches

Décorant la salle à manger

Quand toute une vie se résume

En millions de pas dérisoires

Prise comme marteau et enclume

Entre une table et une armoire

Faut-il pleurer, faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n’ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

Jean Ferrat


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