Les violences contre les femmes par le MFPF

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Les violences contre les femmes par le MFPF

Message  leia le Ven 4 Déc 2009 - 12:02

Les violences conjugales

"Charbonnier est maître chez lui." Tel est l'adage populaire, qui a longtemps fermé la portes du foyer à la curiosité publique, même en cas de violence. Au Moyen-âge, le "droit de correction" fait partie des moeurs. L'Eglise émet une ordonnance au XVème siècle qui précise "quand et comment un homme pouvait effectivement battre sa femme". Loin de s'atténuer, la brutalité maritale s'affirme au grand jour dans les siècles suivants. Les procès en séparation en témoignent. Les Précieuses, tournées en ridicule par Molière, s'attaquent déjà au problème en proposant contre la "plaie sociale" que représente le mariage à leurs yeux le partage de l'autorité entre époux ou, plus radical, le célibat et l'union libre. Le Code civil - le code Napoléon renforce l'autorité maritale et excuse le meurtre de l'épouse par l'époux en cas d'adultère.

Aujourd'hui, la loi réprime les violences conjugales et de plus en plus les femmes osent en parler et porter plainte... Toutefois, sanctionnées comme tout coup ou blessure volontaire exercé contre autrui, ces violences n'étaient pas une circonstance aggravante jusqu'à la réforme du code pénal en juillet 1992.

Pourtant, tous les milieux sont touchés par la violence conjugale. Parce qu'on ne peut l'assimiler à toute autre forme de brutalité, associations et ministres concernés proposent des réponses spécifiques.

Mais qu'est-ce que la violence conjugale ?

Une dispute occasionnelle qui tourne mal un jour de crise ? Non. En revanche, si la violence s'installe et devient habituelle le couple entre dans une spirale infernale dont il est difficile de sortir pour l'un comme pour l'autre des conjoints.
La violence qu'il s'exerce au foyer est plus forte qu'en tout autre milieu.

Pour les femmes qui veulent s'y soustraire, les difficultés sont grandes. Partir et/ou porter plainte contre son conjoint ou son concubin ne sont pas des décisions faciles à prendre, surtout si le couple a des enfants. Les femmes se heurtent encore à de nombreux obstacles
juridico-administratifs. Soulignons que, bien que victime, c'est encore le plus souvent la femme qui doit quitter le domicile conjugal pour se mettre en sécurité. Il lui est souvent difficile de faire la preuve que son mari ou concubin est l'auteur des violences subies.

Pour tenter de réduire les difficultés psychologiques et matérielles qu'entraîne cette décision, des structures d'accueil et d'information ont été mises en place. En 1978, la Ligue du Droit des Femmes, ouvre le premier centre refuge à Clichy. Aujourd'hui de nombreux organismes privés et publics mettent à la disposition des femmes victimes de violences conjugales, un accueil, une écoute, un hébergement et un suivi social, voire thérapeutique. Depuis 1990, le Secrétariat aux Droits des femmes met à la disposition du public un numéro de téléphone national. Aujourd'hui, le service du Droit des femmes a confié à la Fédération nationale Solidarité Femmes l'animation d'un numéro téléphonique : violence conjugale info service. Des formations de professionnels (policiers, gendarmes, travailleurs sociaux etc...) sont organisées.

Aider psychologiquement et juridiquement les femmes qui décident de se soustraire aux violences conjugales est essentiel, souvent sur une longue durée. De plus, des mesures et des aides concrètes aux plus démunies sont nécessaires. Elles peuvent bénéficier d'allocations et de programmes de formation, destinés notamment aux parents isolés.
La prévention est elle possible ? L'éducation non sexiste, qui mettrait fin aux stéréotypes sexuels du petit garçon fort et dominateur et de la petite fille faible et écrasée peut sans doute y contribuer. Le respect des uns et des autres s'apprend dans l'enfance. Il convient de respecter un enfant et de lui donner l'exemple. Chez lui comme au dehors.

La pornographie, une atteinte à la dignité de la personne humaine.

En laissant afficher sur leurs murs des images dégradantes du corps des femmes - dégradantes car elles sont offertes comme des objets à la convoitise des passants, nos villes aident-elles à promouvoir le respect envers les femmes ? La pornographie est depuis 1973, l'objet d'une mobilisation féministe. En France, on refuse la censure mais il existe une réglementation sur l'affichage et des commissions de contrôle des films et des publications pour la jeunesse. En 1976, la réponse officielle intervient au plan fiscal. Les films pornos sont taxés et classés X. La chute de la production française est immédiate mais les vidéos de salon ont pris le relais.

Un décret de mars 1992 relatif à la publicité télévisuelle vise à en éliminer toutes les discriminations y compris sexistes et à y faire respecter "la décence et le respect de la personne humaine".

Quand une femme dit non, c'est non : le viol est un crime.

En France, le viol est un crime passible de 15 ans de prison (viol simple) à la réclusion criminelle à perpétuité (viol avec tortures). Des peines lourdes qui correspondent à la violence infligée. Beaucoup de femmes, parmi celles qui osent en parler témoignent de la détresse durable, des séquelles que provoque cet acte abominable duquel, de surcroît, elles se sentent coupables.
Car c'est là le paradoxe en matière de viol, c'est souvent la victime qui se sent coupable ... ou que l'on a longtemps désignée comme coupable. Au tribunal, on suggérait souvent que par leur tenue (la longueur de la jupe...), leur imprudence (l'auto-stop, ...) ou leur indécision (le dernier verre mal compris), "les femmes violées l'avaient bien cherché" ou étaient consentantes. L'opinion populaire allait dans ce sens. La Bible, avec l'histoire de la femme de Putiphar qui accusa de viol Joseph parce qu'il n'avait pas voulu céder à ses avances, n'est sans doute pas étrangère à cette méfiance contre le témoignage d'une femme quand il s'agit de relations sexuelles.

En plus des traumatismes physique et psychologique, l'opprobre, la honte pour les femmes violées. C'est contre cela que se sont mobilisés des groupes féministes à la fin des années 1970. Ils ont été entendus. Dans la commissariats, les personnels ont reçu des consignes pour accueillir les victimes avec tact. Des femmes policiers se sont vues confier cette tâche.

Depuis 1986 fonctionne une permanence téléphonique nationale numéro vert "viols femme informations".

Bien entendu, l'écart reste encore immense entre la consigne et la réalité mais les efforts sont incontestables. Les femmes osent davantage porter plainte, d'où une augmentation du nombre des procès. En vingt ans, les peines se sont alourdies, les jurys populaires se montrant moins tolérants. Une jurisprudence récente reconnaît même l'existence du viol entre époux.

La répression ne peut évidemment pas constituer à elle seule une prévention. Elle y concourt cependant en confirmant dans la loi que la femme est une personne humaine et non un objet destiné à assouvir les pulsions sexuelles de n'importe qui..
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leia
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