Quand le militantisme fait le choix des armes: les femmes d'action directe et les médias

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Quand le militantisme fait le choix des armes: les femmes d'action directe et les médias

Message  SarahG le Jeu 3 Mar 2011 - 13:06


Au tournant des années 1960, les pays industrialisés ont été confrontés à une dynamique contestataire renouant avec l’action politique organisée violente. Ainsi, en France comme dans plusieurs pays occidentaux, la radicalisation des pratiques militantes a pu déboucher sur ce que Gérard Chaliand nomme le « terrorisme à vocation révolutionnaire ». Le terme « terrorisme » est employé de manière générique par les médias pour qualifier l’ensemble des activités de ces mouvements, mais n’est pas opératoire en termes d’analyse, contrairement à « violence politique ». Nieburg la définit par l’ensemble « des actes de désorganisation, destruction, blessures dont l’objet, le choix des cibles ou des victimes, les circonstances, l’exécution et/ou les effets acquièrent une signification politique, c’est-à-dire tendent à modifier le comportement d’autrui dans une situation de marchandage qui a des conséquences sur le système social ». Acteurs de ce phénomène, les membres d’Action directe (AD), « communistes révolutionnaires » comme ils se définissent, issus de la nébuleuse d’extrême gauche, font irruption dans le paysage français avec le mitraillage, le 1er mai 1979, du siège parisien du Conseil national du patronat français (CNPF). Par la suite, de nombreux attentats matériels sont perpétrés contre des symboles de l’État et du capitalisme. A compter de 1985 et du rapprochement avec la Fraction armée rouge (RAF) allemande, un changement de nature des actions s’opère avec le passage à l’assassinat politique. Après plusieurs vagues d’arrestations, le groupe sera finalement démantelé en 1987, et ses membres condamnés à des peines allant jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité. Selon les enquêteurs, environ 150 personnes auraient été impliquées, à divers degrés, dans la mouvance Action directe, dont plusieurs dizaines de femmes. Action directe partage, avec d’autres, tels les Groupes révolutionnaires armés du 1er octobre (GRAPO) espagnols ou les Brigades rouges (BR) italiennes, cette caractéristique : celle de compter en son sein une part importante de femmes.

L’objet consiste à interroger ici les représentations des femmes mises en cause pour leur participation, à des degrés divers, à cette organisation et d’analyser l’articulation entre les parcours de militantes, réels et supposés, et les représentations qu’en proposent les discours médiatiques. Pour cela, le genre peut s’avérer moteur dans la différenciation des perceptions et intervenir dans l’élaboration des identités discursives, quitte à s’inscrire, parfois, à rebours de la dimension factuelle. C’est à partir d’un corpus d’articles tirés de quotidiens français depuis 1979 et d’un dépouillement systématique que se construit cette analyse de discours. Il s’agit, en somme, de rendre compte de l’intégration progressive de la violence politique des femmes d’Action directe, et peut-être plus encore des résistances, à travers les discours médiatiques en démontrant, dans un premier temps, le processus de relativisation de l’engagement à l’oeuvre avant de pointer la stigmatisation sexuée de ce militantisme violent.
Vous trouverez ce texte dans son intégralité en cliquant ici :
http://www.infokiosques.net/lire.php?id_article=735
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SarahG
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