Théorie & mouvement Queer.

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Théorie & mouvement Queer.

Message  zoe le Ven 26 Nov 2010 - 17:30

Théorie et Mouvement Queer

I) Définitions

Questions :
Qu'est ce qu'un homme ? Une femme ? La masculinité ? La feminité ? Le genre ?


Femme : Être humain adulte de sexe feminin.
Être humain appartenant au sexe apte à reproduire des ovules et a porter des enfants; être humain femelle.

Homme :
Être humain au sexe masculin.

Il s'agit là de définitions que l'on pourrait qualifier "d'officielles" (Larousse) qui définissent l'homme et la femme dans la société. C'est une définition purement biologique.
L'homme et la femme sont donc actuellement définis uniquement par rapport à leurs organes genitaux.
C'est à partir de ce postulat biologique, que se pose la question de genre.

C'est à dire que cette donnée biologique va conditionner l'identité sexuée, c'est à dire l'indentité feminine ou masculine d'un individu.
L'individu qui nait biologiquement femme, par exemple, va ensuite se construire en fonction de la representation, la vision de la femme dans la société et se calquer sur cette image pour devenir ce en quoi son sexe semble la predestiner.
Il s'agit là d'une construction en rapport à un environnement social.
Le genre permet de distinguer le sexe biologique des constructions sociales. Ce sont toutes les constructions sociales autour du féminin et du masculin. Si le sexe se réfère à l’anatomie d’une personne, le genre se réfère au « sexe social ».

L'assimilation sexe biologique/sexe social opérée par notre société est biaisée par l'existence d'individus comme les transexuels. Effectivement, un transexuel est une personne qui a un sexe biologique ne correspondant pas au sexe social dont il se ressent le plus proche. Par exemple, un inidivdu né avec un sexe biologique masculin peut tout à fait se ressentir "femme".
La logique de construction identitaire par rapport a son sexe biologique est ici chamboulée et démontre que le lien entre les deux n'est pas rationel. En effet, le sexe biologique d'un individu, au départ, ne le conditionne en rien face a la société et ne signifie absolument rien chez l'individu en terme d'identité.


Ainsi, notre société divise de manière arbitraire et asymétrique l’humanité en deux groupes suivant leur «sexe»: en «hommes» et en «femmes». Du sexe des personnes découle toute une série de constructions sociales qui organisent la société en rapports sociaux de genre. On définit ici le genre comme étant le sexe social qui s’articule dans un rapport social. L’homme est universel et incarne l’humanité toute entière (Homme) ainsi que le genre spécifiquement masculin, c’est-à-dire qu’il est censé véhiculer la virilité, la compétitivité, il doit s’imposer/dominer, être robuste et guerrier... La femme est «autre», un deuxième sexe et doit adopter des rôles tout aussi précis qu’arbitraire: amour, émotivité, sensibilité, délicatesse, douceur, beauté, frivolité (d’où le «Sois belle et tais-toi»...) Le genre est un rapport social et non pas une évidence biologique.
Il est alors necessaire d'observer cet environnement social qui nous conditionne à travers les notions de genre feminin, de genre masculin incarnés dans des notions comme la feminité ou la masculinité.

Feminité & femme = vetements, attitudes, emplois, projets (enfants, foyer..), -> en découlent des conditions sociales specifiques (précarité, statistiques charge du foyer, métiers feminins, études, précarité au travail, opression (viols, femmes battus) : le sexe FAIBLE)

Masculinité & homme = vetements, attitudes, emplois, projets (sécurité, carrière) -> en découlent des conditions sociales (emplois hauts placés, opresseur : le sexe FORT)

"Par exemple, en raison de leur rôle traditionnel de ménagères, les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que les hommes à combiner des activités économiques avec des travaux domestiques (non économiques), à exercer une profession de manière intermittente au cours de l’année et à travailler près de leur domicile ou même souvent à la maison contre une rémunération"

"La moitié des femmes économiquement actives sont concentrées dans deux secteurs: 34% des femmes travaillent dans l’éducation et la santé et 17% dans le commerce de gros et de détail, (services) tandis que la moitié des hommes actifs se concentrent surtout dans trois secteurs: l’industrie manufacturière (22%), le commerce de gros et de détail (14%) et la construction (13%). Cela peut s’expliquer en partie par le fait que les femmes tendent à se grouper dans certaines disciplines, telles que les arts, les sciences humaines et sociales, qui peuvent les orienter davantage vers des professions traditionnellement féminines."



C’est la culture qui façonne les identités : les stéréotypes liés à la différence des sexes sont inculqués à l’enfant dès ses premières semaines par des parents qui ne réagissent pas de la même manière selon qu’ils ont une fille ou un fils. (jouets, vetements, couleurs, sports..)
"Cette construction des individus se place dans un contexte societaire où l'individu devient "ce qu'il doit devenir" en fonction de son sexe biologique. Se crée evidemment un rapport de force homme/femme.

Prenant en compte les données expliquées precedemment, celles ci permettent de comprendre le fait que notre société soit une société patriarcale. Cela signifie qu'elle est fondée sur l'autorité de l'homme, qu'il est le modèle dominant , que la femme n'est que son "autre", dominée et opressée en rapport a sa faiblesse.

Afin d'appuyer cet argumentaire, on peut citer la phrase de la philosophe Simone de beauvoir "on ne nait pas femme, on le devient". Cette phrase résume la construction identitaire de l'individu en fonction de critères sociaux reliés a son sexe biologique qui font de l'individu au départ, si ce n'est biologiquement, neutre, un homme ou une femme. (feminisme materialiste)
C'est sur ce postulat de contruction d'une identité sexuée imposée par une société patriarcale (fondée sur une dominance masculine) que se developpera la théorie Queer que nous expliquerons par la suite."

Au départ, le patriarcat est un système social dans lequel l'homme, en tant que père, est dépositaire de l'autorité au sein de la famille ou, plus largement, au sein du clan. La perpétuation de cette autorité est fondée sur la descendance par les mâles, la transmission du patronyme et la discrimination sexuelle. Les femmes sont subordonnées à l'homme qui possède l'autorité : le père, le mari ou à défaut le frère.
Actuellement, le patriarcat s'étend a toute la société et le rôle du père de famille y est celui de l'homme qui dirige la société. Ce qui impliquerait donc que l'homme a un rôle dans la société qui se différencie donc de celui de la femme. On comprend donc qu'il y a une certaine division du travail entre les hommes et les femmes dans la société tout comme il peut y en avoir une au sein de la famille (femme s'occupe des enfants, tâches ménagères/homme travaux de la maison travail...). Cette division est la conséquence de la société patriarcale et cela conduit à une construction de 2 classes (ou caste) la classe des hommes, la classe des femmes. Donc une différence de psychologie, d'aptitudes qu'il faut valoriser. Comme si les hommes et les femmes appartenaient à des espèces différentes ou possédaient des cultures différentes..

La question de la sexualité est également à prendre en compte. Il existe de nombreuses nuances de sexualité mais nous nous arreterons aux plus connues. Heterosexualité, Bisexualité, Homosexualité. L'heterosexualité est la sexualité dominante de la société. Notre société est construite autour d'un principe d'heteronormalité qui impose l'idée d'une sexualité basée sur la reproduction et donc a des logiques sociales qui en découlent (mariage, enfants).
Notre société part du postulat que chaque individu est hetero car il s'agit de la sexualité dominante. L'individu bi, homo ou trans doit alors entrer dans une démarche de ce qu'on appelle le "coming out" pour affirmer sa "déviance" face a la sexualité dominante. L'heteronormalité impose un modèle qui cause des malaises lorque l'on appartient pas à cette norme (generalité).

Pour terminer là dessus, notre orientation sexuelle c'est notre identité sexuelle. Notre genre, c'est notre identité sexuée.

La théorie Queer se penche sur ces deux identités qu'il veut déconstruire.

II)Réponse Queer

1)Origines

Queer est, à la base, un mot anglais signifiant « étrange », « peu commun », souvent utilisé comme insulte envers des individus gays, lesbiennes, transsexuels… Par ironie et provocation, il fut récupéré et revendiqué par des militants et intellectuels gays, transsexuels, bisexuels, adeptes du BDSM (Bondage et discipline, domination et soumission et sado-masochisme), fétichistes, travestis et transgenres à partir des années 1980, selon le même phénomène d'appropriation du stigmate que lors de la création du mot négritude.

Le black feminism a énormément bouleversé les notions de bi-catégories hommes-femmes. En effet, celui-ci a établi qu’il y a différentes modalités de genre suivant l’origine sociale et l’ethnicité.
Il y a déjà 30 ans, le black feminism a voulu remettre en cause les visions « essentialistes » du genre.
Il fait la nuance entre la condition homme/ femme et le condition noir/blanc qui se retrouve en parralèle dans des clivages femmes blanches/femmes noires où la reconaissance du statut de femme (déjà opressée) n'était même pas reconnue. Le statut de "femme noire" la distingue du statu de "femme blanche" ces deux statuts étant pourtant reliés par une conscience commune d'opression specifique.

C'est ici que cette théorie du black feminism se démarque d'avec le feminisme essentialiste (feminisme qui lie le sexe biologique et le sexe social comme une évidence : L'essentialisme est une théorie qui fixe les hommes et les femmes dans des caractères immuables ; les hommes et les femmes, par leur "nature" différente, auraient des caractéristiques bien définies, inaliénables et a-temporelles. )

A l'inverse, et c'est de cela que s'inspire la théorie Queer, le feminisme materialiste étudie le genre et definit en quoi les représentations des sexes et les rôles dévolus aux femmes soutiennent une hiérarchie que la société reproduit et institue. Les féministes matérialistes théorisent une construction purement social de la relation entre les sexes (epliqué avant).
C'est de ce feminisme que se revendique la théorie Queer : un feminisme qui ne reconnait pas la nature d'homme ou de femme, comme le fait le feminisme essentialisme. C'est un femisme qui se place dans une logique de classes sociales et de lutte des classes où le proletariat doit s'unir en dehors de toute notion de genre, d'ethnie ou d'orientation sexuelle.


Les émeutes à San fransisco en 1969 ont également joué un rôle important. Cet evenement a débuté par la repression de la population gay (majoritairement masculine ici) et notamment les travestis par le biais de descentes et de violences fortes dans les bars gays par la police ce qui aboutit a de grandes émeutes. Cette insurection contre l'homophobie constante de l'époque fait partie de l'origine du mouvement Queer porté sur la question de l'identité sexuelle et sa deconstruction.

2)Deconstruction du genre :

La théorie Queer prone la deconstruction du genre. Mais qu'est ce que la deconstruction du genre ?
La deconstruction du genre est une théorie qui vise a abolir les notions d'homme et de femme definies par notre société. Comme nous l'avons expliqué precedemment, les individus se construisent en fonction de leur sexe biologique par rapport a deux genres (homme ou femme) qui leur attribuent des caracteristiques et des comportements specifiques.
Les Queers cherchent à abolir les genres construits par notre société que ce soit au niveau de l'apparence ou de la psychologie genrée en passant par l'orientation sexuelle prédéfinit.
Les Queers luttent contre le modèle hétéronormé et patriarcal DANS UN cadre de lutte des classes, de féminisme matérialiste, d'antiracisme, d'anti homophobie. Il s'agit là d'un concepte dit révolutionnaire car il entre dans un mécanisme de lutte afin d'abolir les principes inscrits dans une société où une partie de cette société là est oppressée.
Le queer se definit comme un individu, pas comme un homme, ni comme une femme (en terme de genre).


Pour cibler sur un exemple plus précis : l'apparence. La question du travesti est reprise par les Queer pour deux raisons :

- La première c'est que pour les Queer, nous sommes tous des travestis. Pourquoi ? Parce que chaque individu en fonction du genre qui lui est attribué par la société en fonction de son sexe biologique va tenter de se calquer sur ce modèle. Il existe des apparences specifiques aux hommes, d'autres aux femmes (de manière globale, même si l'androgynie existe). L'individu va alors chercher a se donner l'apparence du genre auquel il est relié. Exemple : l'homme ne porte pas de jupes/robes : critère social de genre. A partir de cela, le but pour l'individu dont le genre est masculin est de ressembler à l'idée même de ce qu'est un homme, qu'il soit possible, en le voyant, de determiner precisemment son genre. L'individu mime ce a quoi il doit ressembler, on peut donc le qualifier de travesti car le travesti au sens où on l'entend (comme le dragqueen) reproduit exactement le même procédé sauf que l'apparence qu'il se donne par rapport à un genre ne correspond pas a son sexe biologique/

- La deuxième, c'est que pour les Queer, l'idée de travestissement peut aller au dela de l'action de singer la representation d'homme ou de femme dans la société. Elle peut tendre à une liberté de l'individu qui décide lui même de sa propre apparence, qu'elle soit typiquement masculine ou feminine ou même un mélange des deux en dehors de toute notion de genre et d'attribution des cette même apparence a un genre donné. Le travestissement est alors un depassement de toute notion de genre, l'individu se donne l'apparence qu'il a choisi, independamment de toute notion sociale.

3) Emancipation sexuelle

Comme on l'a vu précédemment, la société est construite autour du principe d'hétéronormalité, c'est à dire que elle est majoritairement hétérosexuelle car elle se base sur la reproduction.
En fait, la société repose sur l’idée fondamentale de complémentarité entre les hommes et les femmes. Les hommes et les femmes, dans leurs « différences », devraient se compléter. Dans cette société figée, « l’homosexualité » ne rentre pas dans l’ordre naturel des choses. La question de la sexualité n’est donc pas un débat « en dehors » de la question du genre, mais bien en son cœur. L’hétérosexualité est constituée comme norme et où toute autre sexualité est réprimée ou interdite au nom de l’ordre naturel des choses.

Par conséquent, retirer à l'hétérosexualité sa place de principe sexuel dominant est ce à quoi veulent aboutir les Queer : mettre au même niveau toutes les sexualités librement consenties (homosexualité, bisexualité) , ainsi que toutes les pratiques sexuelles librement consenties (échangisme, BDSM, fêtichisme...).
On peut dire qu'il s'agit d'une maturation sexuelle, dans le sens où il s'agit de dépasser le schéma traditionnel de relation sexuelles: c'est à dire la pénétration hétérosexuelle basée sur la reproduction.
C'est l'émancipation sexuelle qui permet donc la liberté sexuelle de chaque être.

Dans ce cadre d'émancipation sexuelle il s'agit d'abolir la morale sexuelle: qui se fonde sur un cadre de sexualité (penetration heterosexuelle comme reference) qui bannit tous les autres les faisant passer pour des pratiques inconvenables. Il est effectivement mal vu et perçu comme une déviance d'avoir des pratiques sexuelles allant de l'homosexualité (moins pire) au fetichisme ou a l'echangisme,... (pire) alors qu'une bonne penetration en missionaire dans le lit conjugual est tout ce qu'il y a de plus convenable.
Le mouvement Queer abolit en fait toute forme d'étiquette car dans un contexte de deconstruction du genre et d'emancipation sexuelle les individus n'ont plus à définir leur orientation sexuelle.
Agir comme tel c'est aussi militer en tant que queer.

III)Mouvements


Nous allons prendre l'exemple des Panthères Roses.

Elles se présentent comme des "gouines, trans et pédés énervéEs par l’ordre moral, le patriarcat, le sexisme, le racisme, le tout-sécuritaire, les régressions sociales et tout ça. Outil de résistance et composante politique du combat pour une société alternative. "
Elles existent en France, en Italie, au Portugal, au Canada,...
Elles restent un groupe d'action radicale peu étendu nationalement ou internationalement. Il est utile de préciser que le mouvement Queer est un mouvement peu organisé et structuré.
Existent aussi les Pink Bloc, certains membre d'Exitrans...

"Les Panthères roses, c’est un groupe politique identitaire (gouine, trans, pédé) féministe et progressiste, se situant à la gauche de la gauche, dont les moyens d’actions sont entre autres l’action directe non violente, les manifestations de rue et toutes formes de communication permettant de contester et de mettre en évidence les oppressions de genre et de sexualité (tract, affiche, website, théâtre de rue, clip, stickers...). Les panthères analysent ces oppressions comme les conséquences d’un système politique qui entérine la suprématie masculine, hétérosexuelle et l’assignation à son sexe génétique. Par similarité, solidarité et volonté politique, nous tentons de tisser des liens avec d’autres mouvements de résistance pour combattre les autres systèmes de domination (sexisme, racisme, antisémitisme, répression policière, capitalisme, ...). Ces systèmes, bien que différents les uns des autres, s’articulent et se renforcent pour mieux asseoir la domination de l’homme blanc hétérosexuel chrétien en bonne santé... Les positionnements du groupe sont dynamiques et évolutifs : ils constituent un « work in progress » à remettre en cause et à alimenter régulièrement. Ses seules positions publiques sont celles qui s’expriment au cours de ses actions, ou au travers de communiqués de presse, tracts, films et émissions télé ou radio. "

"La panthère s’est échappéE du zoo de l’hétérosexualité obligatoire dans lequel on a voulu la confiner depuis toute petite. Elle n’a pas été convaincue qu’un homme autoritaire et dominateur est fait "naturellement" pour fonder une famille avec une femme douce et protectrice, pour la vie, amen. Elle mélange les genres, déconnecte la sexualité du couple et de la reproduction, fait la fête jusqu’à des heures indues, s’extasie pour un rien, préfère la famille "construite" à la famille "biologique"...
Bref, si tout le monde faisait comme elle, les gens n’auraient plus aucun repères. Ils se retrouveraient en robe de chambre et bigoudis à 11h du matin et oublieraient d’aller travailler, oublieraient qu’il ne faut pas se poser de questions, qu’il faut faire du profit, acheter, se caser, écraser son voisin pour réussir, regarder la télé et voter pour la sécurité.
Aujourd’hui, les panthères roses sont lasses que les pédégouines soient vues comme exotiques ou comme des niches marketing, lassent qu’elles soient les oubliées de la gauche bien-pensante et les cibles de la droite réactionnaire.
Elles entendent donc systématiquement taper sur les doigts des hétéropenseurs, hétérocenseurs, hétéroppresseurs et autres hétéroprosélytes. Elles mèneront cette lutte avec les acteurs du mouvement LGBT et avec les autres oppriméEs (femmes, droguéEs, putEs, sans-papierEs, teufeurEs, salariéEs, etc.) pour contrer la domination du fric et de l’hétéronormâlité."
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